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	<title>On a raison de se r&#233;volter</title>
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		<title>&#201;largir le combat contre la marchandisation n&#233;olib&#233;rale au Qu&#233;bec</title>
		<link>http://www.mobilisation.org/article54.html</link>
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		<dc:date>2003-10-15T04:00:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ronald Cameron</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_10 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:64px;'&gt;
&lt;img src='http://www.mobilisation.org/IMG/gif/logo-attac.gif' width=&quot;64&quot; height=&quot;96&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;
Le 3e congr&#232;s du groupe qu&#233;b&#233;cois de l'Association pour la taxation des transactions financi&#232;res pour l'aide aux citoyens, mieux connue sous le nom d'ATTAC, a eu lieu samedi le 11 octobre &#224; Montr&#233;al et r&#233;unissait plusieurs dizaines de personnes de quelques r&#233;gions du Qu&#233;bec. Au coeur de ce congr&#232;s, on retrouvait une volont&#233; d'&#233;largir le groupe ATTAC-Qu&#233;bec et d'approfondir sa mission.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.mobilisation.org/rubrique21.html" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s et r&#233;flexion&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_10 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:64px;'&gt;
&lt;img src='http://www.mobilisation.org/IMG/gif/logo-attac.gif' width=&quot;64&quot; height=&quot;96&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;
Le 3e congr&#232;s du groupe qu&#233;b&#233;cois de l'Association pour la taxation des transactions financi&#232;res pour l'aide aux citoyens, mieux connue sous le nom d'ATTAC, a eu lieu samedi le 11 octobre &#224; Montr&#233;al et r&#233;unissait plusieurs dizaines de personnes de quelques r&#233;gions du Qu&#233;bec. Au coeur de ce congr&#232;s, on retrouvait une volont&#233; d'&#233;largir le groupe ATTAC-Qu&#233;bec et d'approfondir sa mission.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le mouvement ATTAC est n&#233; en France en 1998 dans la conjoncture de mobilisation contre la mondialisation n&#233;olib&#233;rale. Partant de l'id&#233;e de militer pour la mise en place d'un syst&#232;me de taxation des transactions financi&#232;res au b&#233;n&#233;fice de la majorit&#233; de la population, ATTAC est partie prenante, ici comme ailleurs, des principales mobilisations altermondialistes des derni&#232;res ann&#233;es. Comme l'indique sa plate-forme, les objectifs du mouvement ATTAC se situe dans une perspective de consolidation et de reconqu&#234;te d'un espace d&#233;mocratique mondial, en s'attaquant au pr&#233;tendu &#171; droit &#187; des investisseurs et des marchands.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le site de l'organisation internationale d'ATTAC
(&lt;a href='http://www.attac.org/' class='spip_out'&gt;www.attac.org&lt;/a&gt;) est traduit en cinq langues et pr&#233;sente des liens avec des sites nationaux dans 35 pays. En France, le mouvement ATTAC a connu un d&#233;veloppement ph&#233;nom&#233;nal. Il compte plusieurs dizaines de milliers de membres et quelques 250 comit&#233;s locaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une contribution essentielle &#224; l'&#233;ducation populaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, le groupe a &#233;t&#233; fond&#233; en avril 2000. Pr&#233;sent dans un dizaine de r&#233;gions, il compte 800 membres. Le deuxi&#232;me congr&#232;s, tenu en octobre 2001, fut marqu&#233; d'espoirs importants de d&#233;veloppement. Il r&#233;unissait pr&#232;s de cent personnes au lendemain des manifestations qui ont eu lieu au Sommet des Am&#233;riques d'avril 2001.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les deux derni&#232;res ann&#233;es ont permis d'enraciner une pratique continue d'information et d'&#233;ducation. On retrouve sur le site d'ATTAC des publications nombreuses sur diff&#233;rents enjeux. Plus, on y retrouve des capsules d'information et de formation sur le n&#233;olib&#233;ralisme, les march&#233;s financiers, la taxe Tobin, l'&#233;vasion fiscale. ATTAC offre de tenir, aupr&#232;s des syndicats et groupes sociaux qui le d&#233;sirent, des formations sur ces sujets.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'an dernier, ATTAC a tenu une journ&#233;e d'&#233;tude sur les fonds de pension, avec l'appui des amis-es du Monde Diplomatique et de Forum intersyndical. ATTAC-Qu&#233;bec a particip&#233; aux diff&#233;rents &lt;i&gt;Forum social mondial&lt;/i&gt; &#224; Porto Allegre. Il fera de m&#234;me cette ann&#233;e &#224; Mumba&#239;. Dans la r&#233;gion de Qu&#233;bec, ATTAC tient une &#233;mission de radio sur la bande FM &#224; CKRL (89,1). Il b&#233;n&#233;ficie aussi d'une reconnaissance de l'&lt;i&gt;&#201;cole de service social&lt;/i&gt; de l'Universit&#233; Laval ainsi que du &lt;i&gt;Centre de formation populaire&lt;/i&gt; (CFP) &#224; Montr&#233;al.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une premi&#232;re &#224; ATTAC-Qu&#233;bec : l'adh&#233;sion d'une section d'un syndicat SCFP&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La demande d'adh&#233;sion de la section locale 2000 du Syndicat des employ&#233;s-es des techniques professionnelles et de bureau d'Hydro-Qu&#233;bec a &#233;t&#233; annonc&#233;e imm&#233;diatement apr&#232;s l'adoption par le congr&#232;s d'un amendement aux statuts et r&#232;glements, permettant que des groupes puissent dor&#233;navant adh&#233;rer &#224; ATTAC-Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, une majorit&#233; importante du congr&#232;s a confirm&#233; la proposition du Conseil d'administration apr&#232;s un d&#233;bat qui a permis de clarifier les enjeux d'une telle d&#233;cision. Cette amendement exclue toutefois l'adh&#233;sion de groupes politiques, afin de prot&#233;ger son caract&#232;re non partisan. Le mouvement ATTAC est lui-m&#234;me un mouvement politique dans lequel peuvent coexister diff&#233;rentes tendances qui partagent les objectifs de la plate-forme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais cette section locale SCFP ne doit pas demeurer la seule. D'autres groupes peuvent faire la m&#234;me d&#233;marche et demander leur adh&#233;sion &#224; ATTAC-Qu&#233;bec. Le r&#244;le que peut jouer ATTAC dans l'&#233;ducation populaire est importante et passe par des interventions directes aupr&#232;s des organisations syndicales et des groupes sociaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par de telles adh&#233;sions, le groupe ATTAC pourra mieux r&#233;pondre aux besoins de formation des syndicats qui pourront ainsi b&#233;n&#233;ficier d'un cadre &#224; la fois social et politique ext&#233;rieur aux pr&#233;occupations syndicales quotidiennes mais aussi un cadre intersyndical.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mise sur pied d'un Conseil scientifique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par ailleurs, le Congr&#232;s a convenu de la mise sur pied d'un Conseil scientifique &#224; l'instar de l'instance qui existe &#224; ATTAC-France. Ce conseil tr&#232;s large a un objectif &#233;vident : renforcir la cr&#233;dibilit&#233; d'ATTAC-Qu&#233;bec et lui offrir un appui d'intellectuels qu&#233;b&#233;cois. Parmi les noms qui ont &#233;t&#233; signal&#233;s &#224; date, on note Ga&#233;tan Breton, Omar Aktouf, Jacques G&#233;linas, Jean-Louis Bourque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles perspectives pour le prochain mandat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De plus, la tenue d'ateliers et la discussion sur les perspectives a permis d'appr&#233;cier de nombreuses possibilit&#233;s d'intervention. Il reviendra toutefois au Conseil d'administration de clarifier plus particuli&#232;rement les &#233;l&#233;ments pr&#233;cis de l'intervention &#224; mener dans le prochain mandat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deux grands axes ont &#233;t&#233; retenus : le soutien aux brigades d'intervention citoyenne (BIC) qui seraient &#233;ventuellement initi&#233;es par la coalition CAP Monde ; la participation au r&#233;seau de r&#233;sistance contre la mont&#233;e de la droite qui organise, entre autres, une manifestation le 21 octobre prochain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toutefois, le souci premier qui est ressorti du d&#233;bat a port&#233; sur l'importance d'approfondir la mission d'ATTAC et d'organiser des activit&#233;s sp&#233;cifiques. Au travers de ce d&#233;bat, la question des perspectives &#233;tait effectivement soulev&#233;e. Qu'arrive-t-il avec la campagne sur la ZL&#201;A&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='ZL&#201;A : Zone de libre &#233;change des Am&#233;riques.' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt; ? Qu'en est-il du Forum social Canada-Qu&#233;bec-Premi&#232;res nations qui est annonc&#233; pour le printemps prochain ? Comment contribuer aux luttes sans sacrifier la mission d'ATTAC. Par ailleurs, les &#233;lections f&#233;d&#233;rales s'approchent et la venue de Paul Martin peut aussi &#234;tre des occasions pour faire valoir le point de vue d'ATTAC, entre autres sur les paradis fiscaux, m&#234;me s'il a vendu ses parts de la Canada Steamship Lines &#224; ses enfants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais, parmi les actions soulev&#233;es &#224; la suite des ateliers, on remarque cette id&#233;e d'une campagne pour faire reprendre par les conseils municipaux du Qu&#233;bec des r&#233;solutions qui les am&#232;ne &#224; soustraire leur ville de l'application d'&#233;ventuels accords sur les services, tel la ZL&#201;A ou l'AGCS&lt;!-- htmlA --&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='AGCS : Accord g&#233;n&#233;ral sur le commerce des services.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;!-- htmlB --&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mentionnons que les dispositions de l'AGCS am&#232;nent, entre autres, que tout service municipal, qui a un &#233;quivalent dans le secteur priv&#233;, doit &#234;tre obligatoirement offert &#224; l'entreprise priv&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une telle campagne sur l'AGCS est d&#233;j&#224; engag&#233;e ind&#233;pendamment d'ATTAC. Plusieurs villes au Canada-anglais se sont d&#233;j&#224; prononc&#233;es. En France, ATTAC a mobilis&#233; pour faire pression aupr&#232;s des municipalit&#233;s et a obtenu que plusieurs centaines de municipalit&#233;s se d&#233;clarent &#224; l'avance soustraite de tels accords.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La n&#233;cessit&#233; que se d&#233;veloppe le groupe ATTAC dons son rayonnement aupr&#232;s des groupes comme au plan de sa cr&#233;dibilit&#233; va de pair avec son implication dans les luttes. Il appara&#238;t essentiel que coexiste non seulement la mission &#233;ducative d'ATTAC mais aussi celle de s'impliquer dans des combats citoyens. Comme composante d'un tel mouvement citoyen, l'action d'ATTAC doit permettre &#224; reconqu&#234;te d'un espace d&#233;mocratique au b&#233;n&#233;ficie du plus grand nombre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;ZL&#201;A : Zone de libre &#233;change des Am&#233;riques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;!-- htmlB --&gt;AGCS : Accord g&#233;n&#233;ral sur le commerce des services.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Le site d'ATTAC-Qu&#233;bec est &lt;a href='http://www.quebec.attac.org/' class='spip_out'&gt;www.quebec.attac.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Quelques r&#233;flexions sur la n&#233;gociation 1998-2000 dans le secteur public au Qu&#233;bec</title>
		<link>http://www.mobilisation.org/article32.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.mobilisation.org/article32.html</guid>
		<dc:date>2000-02-01T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ronald Cameron</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Avec le document qui suit, nous voulons contribuer au d&#233;bat sur la n&#233;gociation et les ententes intervenues dans le secteur public &#224; la fin de l'ann&#233;e derni&#232;re. Le document est divis&#233; en trois parties. Une premi&#232;re s'adresse aux facteurs politiques &#224; la fin des n&#233;gociations. La deuxi&#232;me concerne les ententes principalement au plan salarial. La troisi&#232;me revient sur les &#233;v&#233;nements qui ont marqu&#233; ces n&#233;gociations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce document n'est pas une analyse exhaustive. Il a &#233;t&#233; &#233;crit &#224; chaud alors qu'on basculait dans la nouvelle ann&#233;e. Toutes les parties ont &#233;t&#233; &#233;crites dans le mois de janvier 2000 et peuvent ne pas tenir compte des &#233;v&#233;nements r&#233;cents qui se sont produits depuis.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.mobilisation.org/rubrique14.html" rel="directory"&gt;Actualit&#233;s et r&#233;flexion&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La conclusion de la n&#233;gociation dans le secteur public juste &#224; la veille des f&#234;tes re&#231;oit actuellement l'aval des assembl&#233;es syndicales apr&#232;s que ce r&#232;glement fut accueilli avec satisfaction par les directions syndicales. De leur c&#244;t&#233;, les m&#233;dias l'ont applaudi et m&#234;me le patronat le voit d'un bon &#339;il. Pourquoi ? C'est toute la question de la stabilit&#233; politique au Qu&#233;bec qui est li&#233;e avec ces n&#233;gociations. Le gouvernement a r&#233;solu de convenir d'un r&#232;glement qui offre des gains aux syndicats tout en situant le niveau des d&#233;penses publiques dans les param&#232;tres budg&#233;taires pr&#233;vus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DES ENTENTES MOTIV&#201;ES PAR DES FACTEURS POLITIQUES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les facteurs politiques sont les principales raisons qui ont amen&#233; le gouvernement &#224; conclure des ententes satisfaisantes dans le secteur public. Des n&#233;gociations impliquant 20 % de la population laborieuse dans une formation sociale sont fondamentalement des n&#233;gociations politiques. C'est une &#233;preuve de force globale entre l'&#201;tat et les syndicats. Cette r&#233;alit&#233; rappel&#233;e &#224; chaque p&#233;riode de n&#233;gociation s'est &#224; nouveau confirm&#233;e dans la pr&#233;sente ronde. Bref, on retrouve diff&#233;rents types de facteurs politiques qui ont favoris&#233; la conclusion d'ententes satisfaisantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conjoncture d&#233;favorable au gouvernement du Parti qu&#233;b&#233;cois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des facteurs conjoncturels ont favoris&#233; la conclusion des ententes avant la fin de l'ann&#233;e. Le Parti qu&#233;b&#233;cois au pouvoir demeure en mal de popularit&#233;. Malgr&#233; sa r&#233;&#233;lection en 1998, son option strat&#233;gique, la souverainet&#233; n&#233;goci&#233;e, s'est affaibli. Un an, jour pour jour apr&#232;s sa r&#233;&#233;lection, les intentions de vote le favorisant n'atteignaient que 38 %.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sa propre histoire politique lui a sans doute rappel&#233; combien il est co&#251;teux de confronter ses premiers appuis politiques que sont les salar&#233;s-es de l'&#201;tat. Cet enjeu au plan &#233;lectoral a &#233;t&#233; accentu&#233; &#224; la faveur d'une campagne f&#233;d&#233;raliste agressive contre les droits d&#233;mocratiques nationaux du Qu&#233;bec. Cette campagne non seulement recompose en grande partie l'&#233;lectorat p&#233;quiste traditionnel mais accentue l'ouverture du gouvernement &#224; l'endroit des salari&#233;s-es de l'&#201;tat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'agenda politique en cours est aussi un motif favorisant les r&#232;glements avant les f&#234;tes. Parmi ceux-ci, on retrouve le Sommet du Qu&#233;bec et de la Jeunesse, le prochain budget du gouvernement ainsi que le Congr&#232;s du Parti qu&#233;b&#233;cois. De nombreux probl&#232;mes non r&#233;solus participent aussi &#224; affaiblir la cr&#233;dibilit&#233; du gouvernement aupr&#232;s de la population, comme la question des routiers, les rat&#233;s d'Emploi Qu&#233;bec ou le renouvellement du code du travail. Plusieurs d'entre eux devraient conna&#238;tre des conclusions dans les mois qui viennent,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mobiliser le personnel des r&#233;seaux : le pari strat&#233;gique du gouvernement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tous ces facteurs de conjoncture sont importants mais le pari du gouvernement n'est pas seulement &#233;lectoral. Les facteurs strat&#233;giques sont de premi&#232;re importance dans les explications concernant la nature des am&#233;liorations accord&#233;es. Les salari&#233;s-es de l'&#201;tat constituent un milieu de travail fortement syndiqu&#233; o&#249; les organisations les regroupant devaient r&#233;aliser des gains pour retrouver aupr&#232;s d'eux une cr&#233;dibilit&#233;. C'est l&#224; un facteur important du &#171; mod&#232;le qu&#233;b&#233;cois &#187;. Or ce groupe de travailleuses et de travailleurs a subi une politique d'aust&#233;rit&#233; pendant plusieurs ann&#233;es avec comme r&#233;sultat un milieu de travail peu reluisant et souvent d&#233;motiv&#233;. Comprimer un peu plus devenait dangereux car &#231;a pouvait porter un coup majeur &#224; la stabilit&#233; politique au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les objectifs du gouvernement s'inscrivent dans une perspective de mobilisation des ressources humaines dans les r&#233;seaux, de mani&#232;re &#224; relancer les services publics sans de trop fortes obligations d'investissement. Il lui fallait profiter du &#171; non-lieu &#187; de la bataille syndicale annonc&#233;e pour l'automne et obtenir des ententes qui lui conviennent. Ceux-ci permettront donc de boucler une phase importante de restructuration des services publics, sans d&#233;bordement budg&#233;taire et en comptant sur un accroissement de productivit&#233; susceptible de contribuer &#224; leur relance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, les r&#233;seaux ont &#233;t&#233; r&#233;duits suite aux r&#233;formes des services de sant&#233; et d'&#233;ducation. Les ententes confirment cette r&#233;duction du personnel occasionn&#233; par les politiques budg&#233;taires du gouvernement. En &#233;ducation, les r&#233;formes sont toujours en chantier. Sans comprimer davantage les ressources, l'&#201;tat obtient une certaine flexibilit&#233; pour les r&#233;aliser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pourquoi, le gouvernement p&#233;quiste a jou&#233; la prudence au lendemain de la d&#233;faite de la consultation sur la gr&#232;ve. Il a voulu conserver l'initiative et il n'a pas voulu dilapider cette chance d'obtenir un r&#232;glement sans provoquer de mouvements importants de gr&#232;ve ! Ce &#224; quoi tous les commentaires &#233;ditorialistes se sont empress&#233;s de saluer. Du m&#234;me coup, cette attitude gouvernementale lui permet de solliciter &#224; nouveau les syndicats &#224; participer &#224; la relance du &#171; mod&#232;le qu&#233;b&#233;cois &#187;, mis &#224; mal par les reculs subis par le personnel de l'&#201;tat suite aux sommets.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Importance des services publics&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parmi les facteurs qui expliquent les ententes, il existe des motifs plus profonds encore qui t&#233;moignent des rapports de force globaux dans une soci&#233;t&#233; et soutiennent l'existence m&#234;me d'un fort mouvement syndical dans le secteur public. Malgr&#233; son adh&#233;sion aux politiques n&#233;o-lib&#233;rales et son cr&#233;do sur la baisse des imp&#244;ts, le gouvernement p&#233;quiste de Lucien Bouchard a rencontr&#233; depuis un an de sondages et d'enqu&#234;tes un attachement profond de la part de la population au Qu&#233;bec &#224; la qualit&#233;, la gratuit&#233; et l'universalit&#233; des services publics de sant&#233; et d'&#233;ducation, ainsi qu'au sort de ceux et celles qui les donnent. Cette r&#233;alit&#233; est remarquable et fait partie int&#233;grante du rapport de force.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Donner des explications politiques dans les assembl&#233;es syndicales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette &#233;valuation de la situation, aussi difficile qu'elle puisse &#234;tre au plan politique pour ceux et celles qui se sont battus dans la derni&#232;re p&#233;riode pour favoriser l'action ind&#233;pendante du mouvement syndical, n'en demeure pas moins un fait incontournable. On doit appr&#233;cier les ententes pour ce qu'elles sont, des am&#233;liorations consenties par l'&#201;tat et obtenues par les syndicats avec une mobilisation sans mandat de gr&#232;ve.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les implications au plan de l'action syndicale sont importantes. Elles exigent d'accentuer les efforts pour offrir des explications politiques aux membres de mani&#232;re &#224; limiter les effets de la r&#233;cup&#233;ration politique du gouvernement. Ce travail d'explications est d'autant plus important que les enjeux des prochaines batailles se focaliseront autour des perspectives de privatisation accrues que partagent de plus en plus le personnel politique en place au gouvernement. Ils relanceront tout autant le d&#233;bat sur l'avenir des services publics.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quoi qu'on dise sur l'affaiblissement des luttes, il reste que les ententes enregistrent non seulement la force objective du mouvement syndical du secteur public mais aussi la r&#233;sistance d&#233;velopp&#233;e au fil des derni&#232;res ann&#233;es et qui n'avait pas eu de r&#233;sultats tangibles malgr&#233; les mobilisations. La bataille amorc&#233;e dans les pr&#233;sentes n&#233;gociations pour forcer le gouvernement &#224; modifier ses orientations budg&#233;taires de mani&#232;re &#224; soutenir un r&#233;investissement dans les services publics restent &#224; l'ordre du jour. Dans cette perspective, on doit s'appuyer sur les gains r&#233;alis&#233;s et sur les &#233;l&#233;ments fondamentaux qui marquent le rapport de force pour se pr&#233;parer aux prochaines &#233;ch&#233;ances.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;UNE NEGOCIATION DOMINEE PAR LES REVENDICATIONS SALARIALES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est au plan salarial que les ententes intervenues dans le secteur public sont les plus co&#251;teuses pour le gouvernement. Les augmentations consenties demeurent toutefois compatibles avec les perspectives budg&#233;taires du gouvernement qui comprennent des r&#233;ductions d'imp&#244;ts promises &#224; plusieurs reprises. Les ententes permettent de fixer de fa&#231;on contractuelle une hausse de la r&#233;mun&#233;ration se rapprochant de la demande syndicale initiale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les augmentations totalisent 9 % soient 1_ % pour 1999 et 2 _ % pour les trois ann&#233;es qui suivent. Les conventions &#233;tant renouvel&#233;es &#224; partir du 1er juillet 1998, l'entente implique un gel pour les premiers six (6) mois de la dur&#233;e de la convention. Celle-ci est d'ailleurs allong&#233;e d'un an. Cette proposition, issue des rangs syndicaux, permet de rapprocher les augmentations obtenues de la demande syndicale de 11 _ % sur trois (3) ans. Rappelons qu'une telle dur&#233;e de quatre (4) ans pr&#233;valait dans les conventions il y a vingt ans. Elle ne constitue pas un pr&#233;c&#233;dent et indique plut&#244;t une stabilisation des relations de travail li&#233;e avec la p&#233;riode de croissance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne s'agit pas ici de faire de l'inflation pour pr&#233;tendre &#224; des gains exceptionnels. M&#234;me si elles sont compatibles avec les marges budg&#233;taires du gouvernement, ces augmentations constituent un rattrapage au-del&#224; du plafond de 6 % fix&#233; par le gouvernement. Compte tenu que l'inflation se situe autour de 1_ % ces quatre derni&#232;res ann&#233;es, ces augmentations constituent aussi une certaine progression de la r&#233;mun&#233;ration et impliquent une protection accrue contre les hausses de prix qui semblent s'annoncer avec l'an 2000.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le rattrapage s'appr&#233;cie &#233;galement en consid&#233;rant le co&#251;t total des augmentations de salaires. Les augmentations de salaire sont de loin les dispositions des ententes les plus co&#251;teuses pour le gouvernement. Les co&#251;ts suppl&#233;mentaires r&#233;currents en 2002 sont de l'ordre de 1,9 milliards de $. Cette somme correspond en gros aux r&#233;cup&#233;rations de 6 % des co&#251;ts de main d'&#339;uvre que le gouvernement a obtenu en 1996 par des prises massives de retraite et par l'ouverture des conventions collectives dans le secteur public. Force est de constater que le r&#233;investissement obtenu par ces ententes est principalement dans les salaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Augmentation g&#233;n&#233;rale des salaires et &#233;quit&#233; salariale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les demandes d'augmentation salariale ont domin&#233; la n&#233;gociation dans le secteur public et ce dans tous les secteurs. Compte tenu de la d&#233;t&#233;rioration du pouvoir d'achat du personnel syndiqu&#233; dans le secteur public, celui-ci souhaitait une reconnaissance du travail et une valorisation se traduisant par une hausse de la r&#233;mun&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais ces demandes ne se sont pas toutes exprim&#233;es de fa&#231;on commune. En fait, la valorisation des salaires n'&#233;tait pas appr&#233;ci&#233;e de la m&#234;me mani&#232;re selon les secteurs malgr&#233; l'unanimit&#233; &#224; l'effet de prioriser ces revendications.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La question de l'&#233;quit&#233; salariale a &#233;t&#233; pr&#233;sente depuis le d&#233;but de la n&#233;gociation et fut une source de diff&#233;rends importants entre les groupes syndiqu&#233;s. Les raisons qui expliquent cette situation sont multiples. L'affaiblissement de la position relative du secteur public face au secteur priv&#233; s'est r&#233;alis&#233; de fa&#231;on in&#233;gale. De plus, au d&#233;but des ann&#233;es 90, un d&#233;but d'application d'une politique d'ajustement salarial, bien que contest&#233;e, a procur&#233; un rel&#232;vement dans les secteurs de la sant&#233; surtout. &#199;a laissait en plan, depuis 10 ans, un rel&#232;vement en &#233;ducation pour le personnel enseignant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or, &#224; la CEQ, cette revendication a pr&#233;occup&#233; les syndicats depuis le d&#233;but. Suite aux distances prises par le congr&#232;s de la CEQ avec le partenariat social et compte tenu de l'&#233;lan de la centrale lors du lancement de la n&#233;gociation pour ses membres, la revendication fut pr&#233;sent&#233;e comme une revendication sociale. Toutefois, l'objectif poursuivi pour les enseignantes et les enseignants de la CEQ est demeur&#233; distinct des pr&#233;occupations des autres secteurs syndiqu&#233;s, y compris dans ses propres rangs comme centrale regroupant du personnel de soutien dans les &#233;tablissements scolaires et de sant&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Limites de la revendication salariale comme revendication centrale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Habituellement, s'il y a une possibilit&#233; de faire &lt;i&gt;front commun&lt;/i&gt; entre la CSN, la CEQ et la FTQ, c'est lorsque l'unit&#233; peut s'appuyer sur des revendications mon&#233;taires communes (salaires et retraite). De ce point de vue, l'exp&#233;rience des derni&#232;res n&#233;gociations sont contradictoires. D'une part, elle confirme la n&#233;cessit&#233; d'&#233;tablir une unit&#233; sur de r&#233;elles bases communes et sans &#233;quivoque pour permettre un mouvement revendicatif unitaire. D'autre part, elle t&#233;moigne des limites m&#234;mes de la revendication salariale comme revendication centrale permettant l'unit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, une de ces limites fut li&#233;e au cadre budg&#233;taire de l'&#201;tat. En agitant cette contrainte tout au long de la n&#233;gociation, le gouvernement a cherch&#233; &#224; jouer la division entre les secteurs. Les diff&#233;rends entre organisations ont pris une importance accrue, compte tenu qu'un gain pour un groupe pouvait signifier un gain moins important pour un autre. Ainsi, rappelait-on le r&#244;le de la revendication salariale commune de mani&#232;re &#224; contrer la place prise par l'&#233;quit&#233; salariale pour les enseignantes et les enseignants de la CEQ durant la n&#233;gociation. Dans cette situation, l'unit&#233; en Front commun CSN-CEQ-FTQ semblait artificielle, malgr&#233; la volont&#233; de la pr&#233;senter comme achev&#233;e lors de la consultation des membres sur le mandat de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par ailleurs, plusieurs secteurs d&#233;veloppaient des revendications salariales particuli&#232;res, pr&#233;sent&#233;es dans une perspective d'&#233;quit&#233; ou de rattrapage sectoriel. Elles &#233;taient souvent le motif premier de d&#233;veloppement de la mobilisation parmi les membres de ce secteur. C'est le cas en particulier du c&#244;t&#233; des infirmi&#232;res et des infirmiers de la FIIQ qui n'ont pas obtenu encore d'entente avec le gouvernement et dont un dernier litige important est toujours sur ce plan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bref, les enjeux au plan de la r&#233;mun&#233;ration ont constitu&#233; une probl&#233;matique centrale qui a domin&#233; jusqu'&#224; la fin les n&#233;gociations dans chacun des secteurs. L'appr&#233;ciation diff&#233;rente selon les secteurs fut toutefois source de division, alors que les membres des organisations partageaient apparemment une m&#234;me pr&#233;occupation au plan de la r&#233;mun&#233;ration. Cette dynamique distincte d'un secteur &#224; l'autre au plan de la valorisation du travail a contribu&#233; &#224; affaiblir la mobilisation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Demandes sectorielles et revendication salariale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les conditions de travail et les statuts d'emploi ont aussi &#233;t&#233; l'objet de demandes sectorielles. La d&#233;t&#233;rioration r&#233;cente dans les services publics fait suite aux compressions importantes li&#233;es avec la &#171; lutte au d&#233;ficit &#187; de l'&#201;tat. Elle s'est fait sentir par une r&#233;duction de postes autant que par une croissance importante de la pr&#233;carit&#233;, &#224; travers une hausse des emplois temporaires, &#224; temps partiel, sur appel ou contractuels. C'est pourquoi on retrouvait aussi des revendications portant sur la consolidation de postes temps plein et sur l'ajout de ressources &#224; des intensit&#233;s variables.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toutefois, &#233;tant donn&#233; la domination absolue de la revendication salariale dans les pr&#233;sentes n&#233;gociations et ce, avec les diff&#233;rends qui y &#233;taient li&#233;s, les pr&#233;occupations sur l'emploi ne se sont pas exprim&#233;es de fa&#231;on aussi importante qu'elles pouvaient l'&#234;tre. Les hausses de salaire &#233;taient le gain principal recherch&#233; par la plupart des organisations syndicales et mises de l'avant par tous les courants syndicaux et politiques depuis le d&#233;but de la n&#233;gociation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le r&#233;sultat des n&#233;gociations dans le secteur public offre des am&#233;liorations certaines. Elles demeurent compatibles avec le prochain budget du gouvernement. Au plan sectoriel, on retrouve aussi des am&#233;liorations dont le co&#251;t en investissement est toutefois dix (10) fois plus r&#233;duit que celui li&#233; &#224; la r&#233;mun&#233;ration. Elles portent principalement sur une am&#233;lioration des conditions de travail pour les statuts pr&#233;caires. Autrement dit, l'ensemble des ententes au plan sectoriel confirme l'implantation des r&#233;formes en sant&#233; et en &#233;ducation, dans l'&#233;tat qu'elles se trouvent pr&#233;sentement suite aux r&#233;ductions d'emplois des derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La bataille pour un r&#233;investissement dans les services publics reste &#224; l'ordre du jour. Elle devra se renouveler car la politique de d&#233;sengagement de l'&#201;tat va se poursuivre en ciblant de fa&#231;on plus pr&#233;cise les perspectives de privatisation. Il importe de d&#233;montrer que les ententes ne sont que des armistices pour le mouvement syndical dans le secteur public o&#249; les conflits sont suspendus sans pour autant mettre fin &#224; la bataille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;UN QUESTIONNEMENT SUR LA MOBILISATION DANS LE SECTEUR PUBLIC DOIT S'ENGAGER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si les ententes procurent des am&#233;liorations surtout au plan salarial pour le personnel syndiqu&#233; dans les r&#233;seaux, les &#233;v&#233;nements qui ont marqu&#233; ces n&#233;gociations sont appel&#233;es &#224; questionner &#224; nouveau la capacit&#233; de mobilisation des organisations syndicales dans le secteur public. Derri&#232;re les r&#232;glements &#233;tablis &#224; la derni&#232;re heure du vieux si&#232;cle, ce sont deux ann&#233;es de n&#233;gociation et de mobilisation qui furent marqu&#233;es d'un &#233;v&#233;nement important pour les syndicats : une majorit&#233; de membres ont refus&#233; d'accorder un mandat de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Front commun.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cet &#233;v&#233;nement reste un fait consid&#233;rable de l'histoire de ces n&#233;gociations et constitue le principal &#233;l&#233;ment du passif de la mobilisation. Il soul&#232;ve &#224; nouveau toutes les questions sur le d&#233;veloppement d'une strat&#233;gie gagnante dans le secteur public.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'ampleur et les motifs du rejet de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lorsque les organisations syndicales (CSN-CEQ-FTQ) ont convenu en septembre 1999 de se lancer ensemble en campagne pour faire confirmer un plan d'action bas&#233; sur un compte &#224; rebours et annon&#231;ant l'exercice de la gr&#232;ve, la cr&#233;dibilit&#233; de la proposition &#233;tait s&#233;rieusement handicap&#233;e. Les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales des syndicats ont rejet&#233; ce plan dans une proportion variant de 55 % &#224; 85 %.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Seuls quelques secteurs, dont le secteur sant&#233; du SCFP-FTQ, ont appuy&#233; la proposition de gr&#232;ve aux deux tiers environ. Ces &#233;tablissements sont parmi les plus touch&#233;s par la restructuration des services de sant&#233;. D'ailleurs, les unit&#233;s de travail comparables affili&#233;es &#224; la FSSS-CSN ont aussi appuy&#233; le plan d'action dans les m&#234;mes proportions. Rappelons aussi que la pr&#233;paration des assembl&#233;es &#224; la perspective de la gr&#232;ve l&#233;gale a &#233;t&#233; effectu&#233;e tr&#232;s t&#244;t au SCFP et a permis de surmonter les difficult&#233;s associ&#233;es avec l'application des services essentiels&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est en &#233;ducation que les rejets ont &#233;t&#233; les plus massifs. Le d&#233;bat entre les secteurs de la sant&#233; et de l'&#233;ducation quant &#224; l'exerce de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale simultan&#233;ment a fait ressortir un probl&#232;me important d'harmonisation, au-del&#224; des diff&#233;rends au plan des revendications. Une gr&#232;ve l&#233;gale implique l'application de services essentiels en sant&#233; selon les dispositions l&#233;gislatives dans les services publics. Une semaine de gr&#232;ve dans un &#233;tablissement de sant&#233; correspond &#224; une interruption partielle des services entra&#238;nant une perte limit&#233;e de r&#233;mun&#233;ration pour le personnel impliqu&#233;. Une telle interruption m&#234;me partielle en sant&#233; a toutefois un impact r&#233;el compte tenu des enjeux au plan des services &#224; la population.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En &#233;ducation, de telles dispositions sur les services essentiels n'existent pas. Une semaine de gr&#232;ve &#233;quivaut &#224; une semaine d'interruption de travail, donc &#224; une semaine de perte de r&#233;mun&#233;ration. Par ailleurs, les dispositions concernant le calendrier scolaire impliquent l'obligation de reprendre toutes les journ&#233;es perdues de prestations de cours. Ce qui am&#232;ne les enseignantes et les enseignants dans un dilemme : faire la gr&#232;ve implique une perte compl&#232;te de r&#233;mun&#233;ration qui n'est pas compens&#233;e lorsqu'il faut reprendre les journ&#233;es perdues de cours. Cette r&#233;alit&#233; p&#232;se consid&#233;rablement dans l'appr&#233;ciation par les membres de la cr&#233;dibilit&#233; de la gr&#232;ve en &#233;ducation. Ce qui am&#232;ne des sc&#233;narios de gr&#232;ve partielle, rotative ou par coup.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais l'attitude du gouvernement explique aussi le refus du plan d'action par les assembl&#233;es. La fermet&#233; qu'il a fait preuve dans l'application des politiques budg&#233;taires des derni&#232;res ann&#233;es faisait croire qu'il en serait de m&#234;me dans la n&#233;gociation. L'adoption de la loi sp&#233;ciale pour mettre fin &#224; la gr&#232;ve ill&#233;gale de trois (3) semaines des 45 000 infirmi&#232;res et infirmiers de la FIIQ au d&#233;but de l'&#233;t&#233; allait illustrer cet intransigeance et participer &#224; d&#233;savouer le recours &#224; la gr&#232;ve, m&#234;me l&#233;gale. De plus, les difficult&#233;s d'appliquer les services essentiels en sant&#233; rendaient peu plausible l'exercice de la gr&#232;ve l&#233;gale suite &#224; l'&#233;pisode de la FIIQ m&#234;me si elle apparaissait incontournable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les d&#233;bats dans les assembl&#233;es &#233;taient aussi charg&#233;s de critiques s&#233;v&#232;res &#224; l'endroit des syndicats. Les ann&#233;es de pratique &#224; l'enseigne de la concertation ne permettaient pas de comprendre le revirement strat&#233;gique des directions syndicales. Les critiques des membres pointaient le volontarisme soudain du plan d'action et le dirigisme des organisations en relevant l'annonce publique du d&#233;but de la gr&#232;ve. On critiquait aussi le manque de strat&#233;gie et la faible progression des moyens d'actions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aussi unitaire que le plan d'action pouvait para&#238;tre, la division syndicale &#233;tait un motif important amenant les membres &#224; rejeter la proposition de gr&#232;ve. Port&#233; conjointement par les &#233;quipes syndicales des trois grandes centrales, ce plan d'action camouflait mal les divisions entre elles. Dans les assembl&#233;es, nombreuses &#233;taient les interventions de membres qui ont mis en doute l'existence d'un Front commun. Les m&#233;dias n'ont pas manqu&#233; non plus d'utiliser tous les signes d'affaiblissement de l'unit&#233; pour condamner &#224; l'avance l'existence du Front commun, m&#234;me en modifiant la r&#233;alit&#233; au passage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'exp&#233;rience finalement a mis &#224; jour les difficult&#233;s &#233;normes d'harmonisation lorsqu'elles sont travers&#233;es par des dynamiques revendicatives diff&#233;renci&#233;es. Elles se sont faites sentir &#224; la fois au plan des moyens de lutte et au plan des calendriers entre les organisations des diff&#233;rents secteurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Importance du Front commun&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toutefois, les aspirations &#224; l'unit&#233; n'ont pas &#233;t&#233; remises en cause par la d&#233;cision des assembl&#233;es de rejeter le mandat de gr&#232;ve. Au contraire, l'adh&#233;sion au Front commun &#233;tait r&#233;elle et on reconnaissait largement que l'alliance intersyndicale contribuait &#224; renforcer le rapport de force avec l'&#201;tat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'ailleurs, ce r&#244;le de l'unit&#233; intersyndicale, m&#234;me incompl&#232;te, a aussi &#233;t&#233; confirm&#233; avec la conclusion des n&#233;gociations, y compris pour les conditions de travail dans les secteurs. Malgr&#233; ses faiblesses, le maintien du Front commun pour la n&#233;gociation des demandes salariales a &#233;t&#233; important. Elle a permis aux repr&#233;sentantes et repr&#233;sentants syndicaux de plaider pour une entente plus avantageuse que celle annonc&#233;e par le gouvernement initialement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette alliance a aussi favoris&#233; la conclusion des ententes sectorielles. De v&#233;ritables n&#233;gociations dans les r&#233;seaux ne s'&#233;taient pas tenues depuis dix ans. Diff&#233;rents d&#233;crets du gouvernement ont entra&#238;n&#233; des prolongations ou des renouvellements forc&#233;s, marqu&#233;s sous le coup de compressions importantes dans les services publics. L'entente de &#171; table commune &#187; entre le Front commun CSN-CEQ-FTQ et le Conseil du Tr&#233;sor a exerc&#233; &#224; nouveau une pression dans l'acc&#233;l&#233;ration des n&#233;gociations dans les r&#233;seaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Front commun CSN-CEQ-FTQ et unit&#233; intersyndicale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le gouvernement lui-m&#234;me a offert au Front commun CSN-CEQ-FTQ l'occasion de se renforcer et de jouer un r&#244;le central. La loi sp&#233;ciale qu'il a impos&#233; aux infirmi&#232;res et infirmiers de la FIIQ a amen&#233; une fin brutale du mouvement de gr&#232;ve sans offrir d'autres perspectives que celles d'attendre la conclusion des n&#233;gociations avec les grandes organisations syndicales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La formulation d'un plan d'action unitaire du Front commun &#233;tait devenue certes incontournable mais ce fut aussi le moment d'une diffusion tr&#232;s large de l'unit&#233; intersyndicale dans la population. Cet &#233;lan s'est alors traduit par une rencontre conjointe des instances de n&#233;gociation des trois grandes centrales. Cette rencontre unique durant les n&#233;gociations avait pour but de rendre plus cr&#233;dible le mouvement, malgr&#233; la division et parfois &#224; contre-courant de la volont&#233; des directions sectorielles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le manque d'unit&#233; entre les centrales syndicales et les organisations ind&#233;pendantes de la FIIQ et du SFPQ en particulier a pes&#233; &#233;galement dans les &#233;v&#233;nements. L'harmonisation des demandes sur ce plan demeure un &#233;l&#233;ment important des difficult&#233;s, exprimant &#224; sa mani&#232;re des dynamiques organisationnelles ou sectorielles distinctes. Toutefois, la d&#233;monstration faite par la conclusion de ces n&#233;gociations tend &#224; contredire toute strat&#233;gie limit&#233;e &#224; une telle vision sectorielle du rapport de force et ce pour tous les r&#233;seaux de l'&#201;tat, comme elle confirme l'importance de l'unit&#233; intersyndicale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; la fin de la n&#233;gociation et &#224; la faveur des discussions sur le plan d'action unitaire du Front commun CSN-CEQ-FTQ, on observait certains d&#233;velopements au plan de l'unit&#233; &#224; la base. La mise en place de fronts communs r&#233;gionaux, l'unit&#233; intersectorielle dans certaines institutions de la sant&#233; et certaines manifestations ont permis au personnel salari&#233; de diff&#233;rentes organisations et secteurs d'exprimer leurs aspirations &#224; l'unit&#233;. L'inventaire de ces exp&#233;riences d'alliances et de front commun &#224; la base doit s'effectuer afin de promouvoir des exp&#233;riences par lesquelles une plus grande unit&#233; peut se construire pour les prochaines n&#233;gociations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Partenariat social et pr&#233;paration des n&#233;gociations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La conclusion des n&#233;gociations ne doit pas faire oublier le contexte social et &#233;conomique dans lequel cette ronde de n&#233;gociations s'est engag&#233;e. Rappelons qu'elles ont d&#233;but&#233; alors que le gouvernement du Parti qu&#233;b&#233;cois poursuivait une politique d'&#233;quilibre budg&#233;taire &#224; l'instar des politiques n&#233;o-lib&#233;rales appliqu&#233;es par les gouvernements occidentaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rappelons aussi que les n&#233;gociations ont d&#233;but&#233; au lendemain de rencontres tripartites (gouvernement, patronat et syndicats) qui ont facilit&#233; l'atteinte des objectifs du gouvernement en regard de l'&#233;quilibre budg&#233;taire. Par la suite et de fa&#231;on in&#233;gale, les organisations syndicales se sont dissoci&#233;es de ce consensus budg&#233;taire avec l'application de coupes dans les services publics.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette rupture m&#234;me in&#233;gale avec le partenariat et la concertation de la part des syndicats a permis d'insuffler un &#233;lan plus combatif dans la pr&#233;paration de la n&#233;gociation et a constitu&#233; un d&#233;fi lanc&#233; au gouvernement. Le d&#233;veloppement des revendications &#224; l'&#233;poque s'est donc effectu&#233; par une double motivation : d&#233;velopper un rapport de force susceptible d'obtenir des gains et, par la m&#234;me occasion, justifier l'adh&#233;sion des membres &#224; sa propre organisation syndicale, compte tenu des malaises &#224; leur endroit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les critiques des &lt;i&gt;Sommets &#233;conomiques&lt;/i&gt; et des politiques budg&#233;taires du gouvernement s'&#233;taient alors multipli&#233;es dans les congr&#232;s syndicaux et de la part de nombre de militantes et militants. Ces appels &#224; rompre avec le gouvernement du Parti qu&#233;b&#233;cois ont particip&#233; &#224; cr&#233;diter l'id&#233;e qu'il faille d&#233;velopper un mouvement revendicatif solide &#224; l'occasion de ces n&#233;gociations. Il ne suffirait pas d'obtenir un r&#232;glement n&#233;goci&#233;, il fallait faire des gains, autrement dit, r&#233;ussir &#224; contrer les politiques de compressions dans les services publics et obliger le gouvernement &#224; changer d'attitude &#224; l'endroit du personnel salari&#233; des services publics.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Large appui des assembl&#233;es aux ententes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les ententes intervenues entre le gouvernement et les syndicats marquent un tournant dans les relations de travail dans les services publics. D'ores et d&#233;j&#224;, l'appui des membres aux r&#232;glements est sans pr&#233;c&#233;dent dans les annales r&#233;centes du secteur public. Ce n'est pas tant que les gains soient si exceptionnels, mais les am&#233;liorations convenues sont surprenantes si on tient compte des difficult&#233;s rencontr&#233;s durant les derniers mois de cette n&#233;gociation. Ces ententes r&#233;habilitent le r&#244;le des syndicats et en particulier le r&#244;le des centrales syndicales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le gouvernement a annonc&#233; d&#232;s le d&#233;part qu'il &#233;tait dispos&#233; cette fois-ci &#224; laisser la chance &#224; la n&#233;gociation de se d&#233;rouler jusqu'&#224; terme, malgr&#233; ses avertissements de fermet&#233;. Il a bien adopt&#233; une loi sp&#233;ciale pour forcer les infirmi&#232;res et infirmiers &#224; mettre fin &#224; leur mouvement de gr&#232;ve ill&#233;gale durant l'&#233;t&#233;, mais il a voulu para&#238;tre comme un employeur dispos&#233; &#224; convenir d'ententes n&#233;goci&#233;es au lieu de forcer les conditions de travail tel qu'il en fut depuis de nombreuses ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lorsque furent connus les r&#233;sultats des assembl&#233;es sur le plan d'action intersyndical et qu'il devenait &#233;vident qu'il n'y aurait pas de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, le gouvernement a profit&#233; du &#171; non-lieu &#187; de la bataille annonc&#233;e pour l'automne et conclu des ententes qui lui conviennent. Ces r&#232;glements des conventions permettent donc de boucler une phase importante de restructuration des services publics, sans d&#233;bordement budg&#233;taire et en misant sur un accroissement de productivit&#233; susceptible de contribuer &#224; leur relance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont maintenant les perspectives suite &#224; ces ententes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les enjeux au plan de l'action syndicale sont importantes. Les pressions pour accentuer les strat&#233;gies syndicales centr&#233;es sur la concertation seront accrues. Elles exigent de multiplier les efforts pour offrir des explications politiques aux membres. Une &#233;valuation objective de la situation est n&#233;cessaire de la part de celles et ceux qui se sont battus dans la derni&#232;re p&#233;riode pour favoriser l'action ind&#233;pendante du mouvement syndical. On doit appr&#233;cier les ententes pource qu'ellessont:des am&#233;liorations consenties par l'&#201;tat et obtenues par les syndicats avec une mobilisation sans mandat de gr&#232;ve.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans cette perspective, l'unit&#233; intersyndicale et une strat&#233;gie qui s'&#233;carte de la participation aux consensus politiques du gouvernement sont parmi les explications cl&#233;s de la n&#233;gociation. Leur mise en valeur est essentielle pour poursuivre la bataille. Ce travail d'explications est d'autant plus important que les enjeux des prochaines batailles s'annoncent d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quoi qu'on dise sur les faiblesses de la mobilisation, il reste que les ententes enregistrent non seulement la force objective du mouvement syndical du secteur public mais en plus la r&#233;sistance d&#233;velopp&#233;e au fil des derni&#232;res ann&#233;es et qui n'avait pas connu de succ&#232;s malgr&#233; les batailles. Celle amorc&#233;e dans les pr&#233;sentes n&#233;gociations pour forcer le gouvernement &#224; modifier ses orientations budg&#233;taires de mani&#232;re &#224; soutenir un r&#233;investissement dans les services publics reste &#224; l'ordre du jour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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