On dit souvent, à propos des négociations dans les secteurs public et parapublic, qu’elles ont un caractère politique. Plusieurs raisons sont sous-entendues par cette affirmation. Mais une des raisons principales qui feront que les prochaines négociations comporteront un caractère politique est l’épreuve de force entre le gouvernement et les organisations syndicales, en autant que le combat s’engage contre les plans de réingénierie.
Si l’aspiration à l’unité est importante de la part des membres des organisations syndicales, le gouvernement de Jean Charest n’a pas encore déployé toute sa stratégie pour les diviser et les affaiblir en perspective des prochaines négociations dans les secteurs public et parapublic . En effet, une pièce essentielle du plan de réingénérie de l’État est celle de la fusion des accréditations dans le secteur de la santé.
Les prochaines négociations dans les secteurs public et parapublic devront confronter le plan de réingénierie de l’État que le Parti libéral du Québec veut présenter dès cet automne. Là réside l’essentiel des caractéristiques politiques de la conjoncture des négociations dans le secteur public. Ce plan, nous dit-on, procédera à une refonte majeure de l’État. Parmi les dispositifs pour pousser plus loin les politiques de désengagement de l’État, se trouvent la sous-traitance et la privatisation des services. Les opérations dans le code du travail à cet égard seront déterminantes dans l’issue de la lutte du mouvement syndical.
Le personnel des secteurs public et parapublic au Québec compte près de 430 000 personnes qui sont syndiquées pratiquement à 100 %. Ces travailleuses et travailleurs expliquent environ 40 % des membres de toutes les organisations syndicales au Québec et constituent donc près du quart de la population laborieuse au Québec.
Traditionnellement, les négociations entre l’État québécois et ses employés-es ne passent pas inaperçues. Or, ce sera encore le cas avec les prochaines si les événements qui s’annoncent se concrétisent. En effet, l’élection d’un gouvernement du Parti libéral du Québec laisse croire que cette ronde de négociations sera marquée d’une polarisation plus importante qu’à l’habitude. Pour y faire face, le mouvement syndical doit créer un véritable front commun intersyndical. Y parviendra-t-il ?