On a raison de se révolter

Violence ! Quelle violence ?

mercredi 15 janvier 2003 par Pierre Houle

Après 2000 ans d’évolution, l’espèce humaine s’évertue à maintenir la violence sous toutes ses formes ; violence en milieu de travail, violence conjugale, violence policière, violence militaire, violence sociale, violence environnementale, violence physique et la violence psychologique.

Comment expliquer que la violence sous toutes ces formes soit à la fois présente et en croissance dans notre société nord-américaine ?

Plusieurs études démontrent que les multiples changements organisationnels que nous subissons dans nos milieux de travail seraient reliés à la recrudescence de la violence.

En effet, la productivité accrue, les coupures de postes entraînent surcharge de travail, pression indue de l’employeur, stress, individualisme, compétition entre collègue et détresse psychologique pour certains.

Conséquemment, la mise en place du changement et les personnes qui la gèrent sont en bonne partie responsable de la violence. Ces derniers seraient eux aussi contraint par un échéancier de mise en place du changement qui lui prendrait source chez les décideurs de notre société.

En résumé, les décideurs de notre société composent avec la résistance aux changements fondée exclusivement sur la productivité et le profit au détriment du bien-être individuel et collectif des travailleurs. Donc, la manière d’implanter le changement serais l’épicentre de la violence et la majeure partie de la violence en milieu de travail et de stress des employées serais directement lié à l’échéancier et ainsi qu’aux ressources humaines disponibles pour atteindre les objectifs de rentabilités fixés par les décideurs.

La violence serait-elle synonyme du manque d’évolution de notre espèce ou en soi l’héritage de l’exploitation abusive des décideurs pour la seule fin du profit comme ce fut le cas au 18e siècle dans la foulée de l’industrialisation ?

Nous savons tous que lorsque l’être humain est frustré, ou il s’exprime violemment où il intériorise ses émotions au lieu de réfléchir sur la cause de sa frustration. C’est malheureusement ainsi dans la majorité des cas, la cause de la plupart des maux de nos sociétés est souvent exclue du diagnostic. A titre d’exemple dans le domaine de la santé, au lieu de faire de la prévention on éteint les feux, on sauve des vies, mais on n’a pas le temps de chercher la cause réelle de la maladie, on appelle cela la médecine d’urgence. Excellent pour les compagnies pharmaceutiques et pour les pompiers que sont devenus plusieurs de nos médecins.

Bref, la société dans laquelle nous vivons ressemble de plus en plus au milieu de la santé, urgence/ pilule/ urgence/ pilule et oups, il est mort ! Au suivant. 2000 ans pour arriver à cela. C’est un peu gênant ne croyez-vous pas.

Chez nos voisins américains, l’on alimente la violence suprême, la guerre et parallèlement l’écosystème de notre planète se dégrade au point ou nous sommes sur le chemin de l’autodestruction de notre espèce.

C’est bien beau, de dénoncer l’entropie qui ronge notre société québécoise et la planète, mais que peut-on faire pour sauver ce qui nous reste d’humanité. Comment enrayer le cycle de la violence ?

Sincèrement, je crois que le moment est venu de parler des vrais enjeux de notre société, de nos valeurs ! À propos quelles sont-elles ? Appauvrir les pauvres, enrichir les riches, partager la richesse collective, travailler, aimer ou détester ceux qui nous entourent, s’entraider ou laisser passer cette occasion privilégiée que nous offrirons la prochaine élection provinciale au Québec.

Faisons en sorte qu’il y ait des débats publics sur les valeurs de chaque formation politique québécoise. De telle manière que nous puissions décider démocratiquement qu’elles seront les valeurs de la société québécoise de demain. Voilà une manière d’évoluer qui nous ressemble et nous rassemble afin de contrecarrer le modèle d’évolution qui nous est présentement imposé par les décideurs québécois, canadien et autre

Les riches sont si riches qu’ils ne peuvent être pauvres conséquemment, jamais ils ne comprendront ce que sont la pauvreté et l’iniquité sociale parce qu’ils ont grandi par et pour le profit.

La démocratie est la seule voie de la collectivité. Abattons les mirages et les illusions que nous laissent miroiter les politiciens de bas étages qui ont vendu leur âme à la sacro sainte économie de marché. La mondialisation n’a pour seule raison d’être que l’augmentation de la richesse de ceux qui sont déjà trop riche et qui n’ont pas compris que le bonheur planétaire c’est de partager la richesse.

Le temps de changer la base de notre société est venu, parlons d’un changement fondé sur des valeurs humaines qui engendreront la qualité de vie et l’épanouissement de tous les individus dans une société qui exclu la violence comme motus operendi.

Nul besoin de tomber dans des principes ou des croyances religieuses. Les solutions sont là au sein même de la collectivité québécoise, à titre d’exemple la semaine de quatre jours à elle seule permettrait d’augmenter les emplois dans le milieu public et institutionnel.

Il faut cesser de croire qu’il est utopique d’être heureux sur terre. La condition humaine peut cultiver et faire croître le bonheur. Choisissez les valeurs qui ouvriront la voie à une société juste et équitable qui favorisera la création et l’innovation pour le bien collectif.


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