On a raison de se révolter
Programme de l’atelier du 26 septembre 2005

Les syndiquéEs en lutte

de 1972 à 2005

vendredi 16 septembre 2005 par André Vincent

Une grève générale ... en mai 1972

En 1972, le contexte est explosif au Québec. Les étudiants sont mobilisés. Des citoyens et des citoyennes mettent en place des comités de quartier un peu partout dans la province. À la suite de l’occupation militaire du Québec par l’armée canadienne en octobre 1970, la population se radicalise dans une évolution qui « détranquilise » la « révolution tranquille ». La perspective d’une lutte contre l’impérialisme, le capitalisme, l’oppression nationale, se développe à l’image de ce qui se passe partout dans le monde (France, Italie, Chili, etc.).

En mai, plus de 300 000 travailleurs et travailleuses du Québec déclenchent la grève générale à la suite de l’emprisonnement des dirigeants des trois grandes centrales syndicales. Les syndiqué-es occupent les rues et prennent même des villes comme Sept-ÃŽles. Le secteur public comme le secteur privé est mobilisé.

Malgré la répression, d’importantes revendications sont obtenues, notamment un salaire décent (à l’époque $100 par semaine) et de meilleures conditions de travail. Le discours change dans les centrales vers une approche qui met de l’avant l’importance de constituer un grand front des travailleurs et des travailleuses. Un véritable syndicalisme de combat se développe sur la base des résistances et des mobilisations. Les syndicats identifient clairement leurs amis (le mouvement populaire) et leurs ennemis (les classes dominantes).

Une évolution en dents de scies

Dans les années subséquentes, la situation évolue rapidement. En 1976, le PQ est élu grâce à l’appui massif des travailleurs qui veulent en finir avec le régime libéral oppressif. Mais après une période de grâce, les affrontements reprennent. En 1982, le gouvernement péquiste écrase les syndicats du secteur public en leur imposant une diminution de salaire de 20%. L’offensive est violente dans le secteur privé où les grandes entreprises forcent des reculs importants en menaçant de fermer les usines ou de les déménager vers les Etats-Unis et le Mexique.

Entre-temps, le mouvement syndical change d’approche en laissant tomber la stratégie de la confrontation pour celle de la participation et de concertation au sein de l’entreprise et de la société, et en valorisant une alliance avec le Parti québécois. Durant cette période de déclin de la combativité, les revenus des travailleurs reculent pendant que les travailleurs dits « atypiques » continuent de croître et de connaître de dures conditions de travail. Un tiers de la main d’oeuvre dont une majorité de jeunes se retrouve ainsi dans la précarité permanente.

Le retour des luttes

À partir de la fin des années 1990, des syndicats et des mouvements populaires reprennent confiance. De grandes mobilisations comme la Marche des femmes, le Sommet des peuples des Amériques et les immenses manifestations contre la guerre en Irak remettent à l’agenda l’idée de vastes coalitions sociales

En 2003, de grandes mobilisations réussissent à stopper la réingénierie et les politiques néolibérales mises de l’avant par le gouvernement Charest. 100 000 personnes se retrouvent dans la rue le 1er mai 2004. Les liens se recréent avec le mouvement communautaire (les garderies), les étudiants, etc.

Au printemps 2005, les étudiants-es déclenchent la plus grande grève étudiante de notre histoire. Plus encore, ils gagnent une grande partie de leurs revendications grâce à leur résistance et leur détermination. Le message est clair, la lutte est possible, la lutte paie !

Des questions pour aujourd’hui

Il est clair que la population s’oppose ouvertement aux gouvernements et aux partis néolibéraux qui dominent. Au moment où le mouvement syndical cherche à articuler un front commun du secteur public, on peut se demander si peut se recréer un grand mouvement social.

  • Les syndicats peuvent-ils participer d’une même ébullition sociale porteuse d’alternatives, comme c’était le cas dans les années 1970 ?
  • Comment s’assurer que les revendications des syndiquéEs de l’État ne soient pas confinées ou perçues comme corporatistes, mais bien comme un vecteur de plus pour attaquer le capitalisme débridé ?
  • L’affrontement qui se dessine cet automne fera-t-il progresser le camp populaire dans son ensemble ou, au contraire, l’affaiblira-t-il, en le divisant ?
  • Quels sont les espoirs de gagner cette bataille et quelles pistes envisager pour y arriver ?
  • La fraction la plus militante parmi les syndicalistes doit-elle être plus ouvertement critique face aux directions syndicales actuelles ?
  • Les militant-es doivent-ils mettre en place de nouveaux pôles de radicalisation des revendications et des luttes ?
  • Une autre perspective d’espoir peut-elle être explorée du côté des jeunes précaires, qui investissent progressivement les syndicats en y véhiculant leurs aspirations altermondialistes, environne-mentalistes et libertaires ?

Ce sont quelques-unes des questions que nous voulons aborder à la veille d’un des bras de fer les plus importants entre les libéraux de Jean Charest et les syndicats.

Pour en discuter, nous vous invitons à une table-ronde avec :

  • Ghyslaine Raymond (militante de la CSQ)
  • Serge Roy (ancien président du SFPQ)
  • Isabelle Renaud (militante du SETU)
  • Patrick Rondeau (militant de la FTQ)
  • René Charest (secrétaire général du Conseil central de la CSN à Montréal)
  • Jean-Marc Piotte (auteur et professeur à l’UQAM)

Le 26 septembre, 19h30

Pour connaître l’heure et le lieu exact de la rencontre, laissez-nous un message au secrétariat de On a raison de se révolter.


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