On a raison de se révolter
Programme de l’atelier du 6 juin 2005

Le mouvement étudiant au Québec

Trajectoires et ruptures de 1968 à 2005

mercredi 1er juin 2005 par On a raison de se révolter

Programme de l’atelier du 6 juin 2005 portant sur le mouvement étudiant d’hier à aujourd’hui.

Québec 2005 : Plus qu’une grève étudiante, un mouvement social

En un peu plus trente ans, le Québec a connu deux extraordinaires mobilisations étudiantes. Il a quelques semaines, des centaines de milliers d’étudiants se sont organisés pour refuser la marchandisation de l’éducation et sonner un cri d’alarme qui a réveillé la société. Certes d’une manière immédiate, ce mouvement n’a pas gagné toutes ses revendications. Mais à une autre échelle, il a fait beaucoup plus, comme grève de masse, démocratiquement impulsée par la base et inspirée par une organisation audacieuse (la Coalition des associations pour une solidarité syndicale étudiante élargie - la CASSÉÉ). Le mouvement social dans son ensemble a été interpellé.

Québec 1968 : de la révolution « pas-si-tranquille » à la dissidence

En 1968, le Québec est également secoué. C’est un peu la fin de la révolution dite tranquille, qui marque l’affrontement entre une classe dominante « archaïque » et un groupe « moderniste » qui veut changer le Québec. C’est le début d’une période turbulente où des mouvements rebelles s’organisent un peu partout dans un milieu ambiant survolté (évènements de mai 68 en France, mouvement contre la guerre aux Etats-Unis, luttes de libération en Asie, en Afrique, en Amérique du Sud). On débat, on sort des sentiers battus, on écrit (la revue Parti Pris par exemple), et surtout, on organise. Des comités spontanés se mettent en place dans les collèges et les universités pour secouer ce qu’ils considèrent l’inertie de l’Union générale des étudiant-es du Québec, d’où émerge le « Mouvement syndical et politique » (MSP), sorte de coalition radicale. De cette grande mobilisation ont incubé de plusieurs mouvements sociaux qui ont par la suite marqué l’histoire des années 1970-80.

Bien sûr, l’histoire ne se répète pas

Depuis, le monde dans lequel on vit n’est plus le même. Les mouvements contestataires et leurs utopies de transformation ont été bouleversés. On ne peut donc pas faire des analogies simplistes. Mais les passerelles sont plus nombreuses qu’apparentes. Les mouvements comme le MSP et la CASSÉÉ ont « sorti » les étudiants de leur univers en faisant que la cause de l’éducation devienne la cause de tout le monde. Dans les deux cas, les étudiants ont questionné, bousculé l’agenda des mouvements sociaux. D’un mouvement à l’autre, il est fascinant de constater également la transformation des approches, des discours, des codes, des méthodologies. De manière générale, la génération de 1968 était portée par de « grands projets » à la recherche d’une radicalité. Pour la génération actuelle, changer les choses maintenant apparaît plus important que la perspective d’une transformation totale à plus long terme, comme on le pensait à l’époque.

Nouvelles recherches, nouveaux dialogues

Une initiative est en gestation pour construire des ponts entre les générations militantes. « On a raison de se révolter » est un petit groupe composé de personnes qui ont participé à ces diverses générations e qui oeuvrent à renforcer le mouvement social comme un pôle de la lutte pour la transformation. Devant la lutte intense des étudiant-es ce printemps, nous avons pensé que ce (re)surgissement était une bonne occasion pour ouvrir de nouveaux chantiers de réflexion. Voilà des questions qui pourront servir de « mise au jeu » :

  • Quel a été le rôle en 1968 du MSP pour impulser le mouvement social ?
  • Comment ont réagi les organisations étudiantes de l’époque (l’UGEQ par exemple) ?
  • En quoi ce mouvement a influencé l’agenda des mouvements sociaux ?
  • Quelles sont les origines « intellectuelles » du mouvement de 1968 ?
  • Qu’est-ce qui a permis à la CASSÉÉ de mobiliser en 2005 ?
  • Dans quelle mesure les objectifs du mouvement ont été atteints par la grève ?
  • Quel est l’impact immédiat et prévisible sur la société ?
  • Est-ce que le mouvement de 2005 relance la dissidence anti-capitaliste et anti-impérialiste et les alternatives « altermondialistes » ?

Ces questions seront abordées par quelques interventions de :

  • Jean-Marc Piotte, prof à l’UQAM et l’un des fondateurs de la revue Parti Pris
  • André Vincent, un des fondateurs du MSP et aujourd’hui militant syndical collégial
  • Louise Vandelac, à l’époque dirigeante de l’UGEQ et aujourd’hui prof à l’UQÀM
  • Xavier Lafrance, secrétaire aux relations externes de la CASSÉÉ
  • Thomas Chiasson-LeBel anciennement du MDE et animateur du SETU à l’UQÀM.

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