On a raison de se révolter

Le caractère politique des négociations dans le secteur public

mardi 7 octobre 2003 par Victor Courtemanche

On dit souvent, à propos des négociations dans les secteurs public et parapublic, qu’elles ont un caractère politique. Plusieurs raisons sont sous-entendues par cette affirmation. Mais une des raisons principales qui feront que les prochaines négociations comporteront un caractère politique est l’épreuve de force entre le gouvernement et les organisations syndicales, en autant que le combat s’engage contre les plans de réingénierie.

Périodiquement, le gouvernement du Québec fait face, durant un mandat de cinq (5) ans, au moins à une négociation avec les quelques 430 000 personnes qui sont salariées de l’État. Ce seul aspect en dit long sur l’impact social et politique de ces négociations. Dans le passé, les gains ont eu un effet sur l’amélioration des conditions de travail pour l’ensemble des travailleuses et travailleurs au Québec. Encore aujourd’hui, beaucoup de revendications, tels celles qui concernent les droits sociaux, ont été obtenues d’abord par les négociations des conventions collectives des secteurs public et parapublic. Aussi, les dispositions monétaires appliquées aux différents groupes de personnes salariées ont toujours eu un impact direct sur l’économie du Québec.

Bref, les différentes issues de ces négociations ont eu des conséquences sur les conditions de vie de la population et ont agi, depuis maintenant plus de 30 ans, comme un témoin du rapport de force social au Québec. L’analyse des caractéristiques des différentes négociations des secteurs public et parapublic doit être partie intégrante de toute analyse des classes sociales au Québec.

Mais, ces négociations sont politiques pour d’autres raisons plus spécifiques : elles impliquent une partie patronale peu commune : celle qui fait les lois ! Dans ces négociations, l’État a une double fonction, à la fois employeur et législateur. Ainsi, le gouvernement, à plusieurs occasions, a utilisé son pouvoir législatif pour conclure la négociation, habituellement en réprimant le mouvement et en l’obligeant à mettre fin à ses moyens de pression. Il a accompagné cette obligation de sanctions lourdes pour les organisations syndicales comme pour le personnel syndiqué. Le Parti québécois détient à ce chapitre le record des lois spéciales.

On pourrait ainsi continuer à énumérer les motifs pour souligner encore plus le caractère politique de ces négociations. Toutefois, la place qu’occuperont ces négociations en regard des plans de réingénérie de l’État du nouveau gouvernement du Québec sera déterminante non seulement pour l’avenir des services publics mais aussi en regard de l’influence des principales organisations de défense des travailleuses et des travailleurs au Québec.


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