On a raison de se révolter
La fusion des accréditations en santé :

Un élément clé de réingénérie libérale

mardi 7 octobre 2003 par Victor Courtemanche

Si l’aspiration à l’unité est importante de la part des membres des organisations syndicales, le gouvernement de Jean Charest n’a pas encore déployé toute sa stratégie pour les diviser et les affaiblir en perspective des prochaines négociations dans les secteurs public et parapublic . En effet, une pièce essentielle du plan de réingénérie de l’État est celle de la fusion des accréditations dans le secteur de la santé.

Les journaux ont commencé à en faire état. Le nombre d’accréditations dans les établissements en santé est trop important. Dans certains centres hospitaliers universitaires, on dénombre plusieurs dizaines d’unités d’accréditation. Cette situation est le produit de plusieurs facteurs qui dépassent le cadre de l’actuelle article et qui prend souvent racine dans les réorganisations multiples du réseau et aussi les reculs du mouvement syndical. Cette multiplicaiton des unités d’accréditation est en quelque sorte un talon d’Achille du mouvement syndical dans le secteur public.

Plusieurs projets de loi seront déposés à ce sujet avec la reprise de la session parlementaire. Les projets de loi, qui reprendront en partie les dispositions préparées par le Parti québécois au pouvoir, seront connus au plus tôt à la fin du mois d’octobre.

Ces projets de loi impliqueront des votes dans les établissements mais doivent prévoir aussi la fusion d’établissements, en particulier le regroupement des services offerts par les CLSC avec ceux des centres hospitaliers. Aussi, cette réforme amènera l’abolition des régies régionales.

Par ailleurs, les informations que le gouvernement a laissé connaïtre sur les fusions d’accréditation indiquent que les regroupements selon un découpage en quatre (4) catégories d’emplois distincts : les infirmières et les infirmiers, le personnel professionnel et technique, les services directs de soins, les services d’appui tels la buanderie et la cafétéria.

L’isolement des services d’appui permettra plus facilement la sous-traitance. Cette cessation d’activité à des partenariats ou simplement à des entreprises privées serait alors facilitée par les modifications au code du travail, en particulier à l’article 45. En effet, le gouvernement de Charest a annoncé sa volonté de réduire les contraintes faites aux nouveaux propriétaires en regard des conventions collectives des unités d’accréditation.

Les organisations syndicales dans la santé se préparent donc à vivre dans la prochaine année une période intense de réorganisation qui certainement va heurter la volonté d’alliance. Rappelons que le réseau de l’éducation, le soutien scolaire surtout, a vécu un peu la même chose lors des dernières négociations suite au regroupement des commissions scolaires. Ce contexte a pesé dans les discordes, entre autres, entre la CSQ et la CSN.

L’ampleur de l’opération en santé dépassera de loin celle qui s’est tenue dans l’éducation. En fait, avant le rendez-vous de la négociation, cette réingénérie de l’État en santé aura des conséquences importantes qui affaibliront la solidarité intersyndicale nécessaire au prochain front commun.


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