On a raison de se révolter

BUSH et les fonctionnaires de l’État

samedi 15 mars 2003 par Paul de Bellefeuille

Georges W. Bush annonçait , le16 novembre dernier son intention de transférer les emplois de 850,000 fonctionnaires fédéraux vers le secteur privé. M. Bush prétend que cela pourrait entraîner des économies de 30% et une firme de consultants d’ajouter : « -que cela illustre une transformation vers un pays de travailleurs contractuels- ». Le terme contractuel doit être compris en référence à toute la gamme d’emplois à statut précaire. Pensons aux occasionnels sans droit de rappel, aux occasionnels avec droit de rappel ou aux travailleurs autonomes pour ne nommer que ceux-là.

Notre économie est de plus en plus intégrée à l’économie nord-américaine, et de tels développements nous concernent au plus haut point, à l’heure des négociations pour une zone de libre-échange des amériques (ZLÉA). Dans cette négociation, les États-Unis donne le pas. Lorsque le président Bush annonce qu’il veut transférer 850,000 fonctionnaires au secteur privé, inutile de vous dire qu’il se trouve des politiciens au Québec qui se sentiront "inspirés" par cette idée. L’ADQ (Action démocratique du Québec) mentionne déjà dans son programme son intention de faire appel à la sous-traitance : « -Permettre de faire appel à la sous-traitance dans le secteur public lorsqu’un travail pourrait être réalisé à meilleur coût...— » Le programme de l’ADQ ne s’arrête pas là. Il remet en question la permanence dans la fonction publique lorsqu’il déclare : « -Assurer des conditions de travail adaptées aux réalités d’aujourd’hui, pour que l’État québécois soit plus efficace et plus souple par l’abolition de l’emploi garanti à vie dans la fonction publique et un assouplissement des conventions collectives.- »

La dernière négociation de notre convention collective a permis de régler partiellement la question des faux occasionnels dans la fonction publique. Plusieurs d’entre nous ont enfin été reconnus permanents quelquefois après plus de vingt ans passés dans la fonction publique.

Le programme politique de l’ADQ favorise le développement du modèle d’emploi contractuel et précaire, en cela il rejoint le président Bush dans sa volonté de transférer 850,000 emplois de fonctionnaires au secteur privé.

Mais qu’en est-il des autres partis politiques du Québec ? Au mois de septembre dernier Le parti libéral du Québec (PLQ), , parlait de réinventer le Québec et qu’à cette fin : « -il reverra le rôle et le mandat de tous les ministères, des organismes gouvernementaux et des sociétés d’État afin d’en réduire le nombre et, dans ce processus, il gèlera les dépenses gouvernementales pendant cinq ans, à l’exception de celles destinées à la santé et à l’éducation.- » On ne peut pas dire que l’avenir de la fonction publique sera plus reluisant avec le parti libéral.

Et le parti Québécois (PQ) dans tout ça ? Prenant le relais de Joseph Facal, Pauline Marois déclarait dernièrement que : « L’État doit être moins lourd. Le modèle québécois doit être réévalué. Il faut diminuer et changer le rôle de l’État.- »

Les trois partis politiques majeurs du Québec tiennent un discours similaire sur le rôle et la taille de l’État. Ce questionnement sur le rôle de l’État sera donc à l’ordre du jour de la prochaine élection au Québec.


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