samedi 15 mars 2003 par Pierre Klépok
La volonté des différents gouvernements de réformer les conditions de travail à la baisse vise directement à affaiblir les droits syndicaux. Devant cette offensive du patronat contre les conquêtes ouvrières, le spectre de la lutte des classes hante plus que jamais l’Europe, mobilisant des dizaines, des centaines de milliers, voire de millions de salariés dans les États membres de l’UE. Pour des raisons souvent identiques : modification des régimes publics de retraite, refonte des Codes du travail notamment sur les conditions de licenciement, privatisation des entreprises d’État, remise en cause du droit de grève et d’autres mesures de nivellement par le bas des droits sociaux. C’est encore une fois dans les pays latins et méditerranéens que nous assistons aux plus grandes mobilisations ouvrières et grèves de masses, là où les confédérations syndicales de lutte de classe à direction communiste occupent incontestablement de très fortes positions (CGT-France, CGIL-Italie, CC.OO-Espagne, CGTP-IN-Portugal, GSEE-Grèce). La grande surprise vient de certains pays du centre et du nord de l’Europe, où les directions syndicales (DGB-Allemagne, TUC-Grande-Bretagne, ICTU-Irlande, USS-Suisse, FGTB-Belgique), sauf à quelques exceptions près, sont souvent caractérisées par l’hégémonie du courant socialiste, ou social-démocrate, plus résolument réformiste et pratiquant un syndicalisme de conciliation avec le patronat.
C’est sans compter les différentes euro-grèves et euro-manifestations (contrôleurs aériens, métallurgistes d’ALSTOM et FIAT, pêcheurs des côtes Atlantique et de la mer du Nord, etc.) qui ont explosé sur tout le vieux continent contre les forces capitalistes d’intégration européenne, à l’appel de la puissante Confédération Européenne des Syndicats (CES, 60 millions d’adhérents, 78 centrales syndicales de 34 pays, 11 fédérations syndicales européennes). Reste à souhaiter que dans les pays de l’UE les différents partis de gauche réussiront à s’entendre pour les prochaines élections européennes et à prendre le relais de la lutte politique sur des bases de classe. Pour le moment, le site du Forum intersyndical se contentera de faire connaître les luttes syndicales nationales les plus importantes des pays suivants :
France : Un syndicalisme de résistance
Depuis l’hiver de la colère en novembre-décembre 1995 (5 millions de grévistes), la France n’a pas connu d’autres grèves générales nationales de masse et de classe. Ce sont plutôt les résultats des élections présidentielles et législatives qui ont retenu toute l’attention de l’actualité sociale en 2002. L’arrivée de Chirac et de ses troupes à l’Élisée, avec une extrême droite qui refuse de disparaître du paysage politique, ont représenté un véritable séisme pour l’ensemble du peuple de gauche. La droite se retrouve majoritaire dans toutes les instances du pouvoir en France. Le patronat a maintenant son bras politique en la personne de Jacques Chirac et contrôle l’Assemblée nationale, le Sénat et même les plus importantes municipalités du pays.
D’immenses responsabilités s’annoncent pour les syndicalistes
Un président de la République, élu à la faveur de la mobilisation républicaine contre le candidat de l’extrême droite et l’échec stratégique de toute la gauche, sont autant d’éléments qui confèrent au syndicalisme français d’immenses responsabilités pour les années à venir. Le gouvernement, collé sur les directives de l’Union européenne (UE), sera loin de répondre aux besoins de sécurité face au chômage et la précarité ; de garantir l’avenir du système universel de retraite ; de santé et de sécurité sociale ; d’assurer un fonctionnement satisfaisant des services publics et collectifs ; d’améliorer les salaires, retraites et allocations sociales ; de continuer à étendre la loi des 35 heures ; de promouvoir une nouvelle démocratie sociale, et de construire les solidarités en Europe.
Mobilisation du 1er Mai contre l’extrême droite
Après le premier tour des élections présidentielles, la France s’est retrouvée placée dans une situation dangereuse pour le monde du travail en matière de droits, de libertés, de progrès social et de démocratie. Les candidats Chirac (droite) et Le Pen (extrême droite) s’étant retrouvés nez à nez pour le deuxième tour, les confédérations syndicales ont appelé leurs militants à tout mettre en ?uvre pour faire barrage au fascisme. Le Premier Mai 2002 se situant entre les deux tours des élections présidentielles, une manifestation unitaire, solidaire et républicaine, pour défendre les droits démocratiques gravement menacés par Le Pen, a été organisée par les grandes centrales syndicales CGT, CFDT, UNSA, FSU. Environ un million de personnes sont descendues dans les rues de Paris, manifester leur dégoût du racisme et de l’intolérance que représente le candidat de l’extrême droite. On connaît la suite ?
Les raisons de la déconfiture de la gauche plurielle
Les voix de gauche se sont éparpillées, entre autre, à cause du mécontentement des classes populaires envers le Parti socialiste et le Parti communiste (bien que pendant leurs mandats, les députés communistes auraient voulu des législations du travail plus musclées de la part des députés socialistes, comme, par exemple sur la loi des 35 heures), qui n’ont pas pris de grandes mesures contre les licenciements. Le PS a réagi comme un parti de droite en disant qu’on ne peut rien faire contre les fermetures d’entreprises, que c’est du domaine privé. En attendant, les syndicats ont eu raison de mobiliser leurs troupes contre l’extrême droite, même si cela a favorisé Chirac. La France est un grand pays en Europe et, voir le fascisme arriver à la présidence aurait été catastrophique. Les syndicats, avec raison, craignaient un effet de contamination dans toute l’Europe.
Dernier espoir : les élections syndicales
En France, il existe des élections syndicales, où à tous les cinq ans, les salariés sont appelés à élire leurs représentants sur le Conseil des prud’hommes (tribunal du travail), une institution unique en son genre dans le monde occidental. Le vote doit se dérouler pendant les heures de travail, généralement entre 8 et 18 heures, à la mairie ou dans un local proche des lieux du travail. Les patrons ont l’obligation de laisser les salariés s’absenter pour aller voter, sans perte de salaire. Le 11 décembre, 17 millions de travailleurs et travailleuses sont invités à désigner leurs conseillers chargés de réparer, au quotidien, les nombreuses injustices subies par les salariés. Dès le départ, le taux de participation paraît très bas, dû à la négligence du gouvernement ou à l’entrave d’employeurs sans scrupules. Cette abstention suscite les pires craintes pour les syndicalistes. Le patronat et le gouvernement se serviront de la perte d’influence des syndicats pour imposer leurs réformes ultra libérales.
Sabotage des élections prud’homales
Les responsables syndicaux n’ont pas attendu la fermeture des urnes pour dénoncer l’ampleur des fraudes : absence d’information sur la possibilité pour les travailleurs étrangers ou les jeunes salariés à partir de 16 ans de voter ; pression des patrons pour que les salariés ne quittent pas leur poste durant la journée ; des milliers d’électeurs sont « disparus » des listes chez Air Liberté et à la société de location de voiture Avis ; des salariés de La Poste ; de France Télécom ou de la RATP (Transports en commun de Paris) ont été inscrits à des centaines de km de leur lieu de travail ; non réception du matériel électoral dans certaines mairies ; matériel ne correspondant pas à la section de vote, ne sont que quelques exemples des dysfonctionnements du scrutin. Le taux d’abstention s’élève à 67,3 %, au grand désespoir des militants syndicaux. Les pouvoirs publics sont mis en cause par tous les syndicats dans cette mauvaise organisation des élections prud’homales. Déjà, la plupart des syndicats intentent des poursuites contre certains employeurs.
Victoire du syndicalisme de classe aux élections prud’homales
Avec un taux de participation de 32,7%, la Confédération Générale du Travail (CGT), plus de 700 000 membres, proche du Parti communiste français (PCF), des socialistes et chrétiens de gauche, garde son influence, et demeure la première centrale syndicale avec 32,1% des voix. La Confédération française démocratique du travail (CFDT), 650 000 membres, proche du Parti socialiste (PS), reste stable à 25,2 %, Force ouvrière (FO), également proche du PS et des trotskistes de Lutte ouvrière à 18,3 %, la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) conserve sa place à 9,7 %, la Confédération générale des cadres (CGC) à 7 %, enfin l’UNSA (syndicat autonome réformiste) à 5 %, l’Union syndicale Groupe des Dix Solidaires (extrême gauche) 1,5 %, et la Fédération syndicale unitaire (FSU, syndicat de l’enseignement secondaire proche du PCF qui n’a présenté que quelques candidats) à 0,2 %. Voilà pour le paysage syndical français. N’en déplaise au patronat, 5 millions de personnes se sont quand même exprimées et ce n’est pas rien. Le scrutin a permis de réaffirmer la place des syndicats, leur rôle de contrepoids et leur force de contestation (et de confrontation en ce qui concerne la CGT), mais aussi de proposition sur les diverses réformes à venir. En attendant, le monde du travail a choisi ses meilleurs défenseurs.
La CGT résiste
À l’heure actuelle, plusieurs militants de la CGT se retrouvent en prison. Le gouvernement Chirac, fort de sa majorité écrasante dans les instances du pouvoir et encouragé par le patronat, veut criminaliser les luttes syndicales dans et hors des entreprises. Bien qu’il n’y ait pas eu de grève nationale en France en 2002, plusieurs conflits ont violemment explosé en région contre les fermetures d’entreprises ou les privatisations des services publics. On a qu’à penser à Alain Hébert, militant CGT condamné à six mois de prison dans la lutte contre la fermeture d’un hôpital situé à Cherbourg (dans la région de la manche). L’intimidation patronale, loin d’atténuer la volonté de lutte des militants de la CGT, renforce son combat pour la justice sociale. Il est à prévoir que plusieurs grèves de masse et de classe exploseront dans les mois à venir.
Italie : Grèves de masse de 24 heures et record de mobilisation syndicale
C’est en Italie que l’Europe a connu les plus fortes mobilisations ouvrières et où la montée du militantisme anti-capitaliste s’est fait le plus sentir (Forum social européen de Gêne). La péninsule Italienne a été balayée tout au long de l’année 2002 par une douzaine de manifestations et grèves de protestation contre le gouvernement autoritaire de Berlusconi (soutenu par le grand patronat, la mafia et les fascistes de la Ligue du Nord). Tous ces arrêts de travail ont été impulsés et principalement organisés par la Confédération Générale Italienne du Travail (CGIL), proche des communistes, des socialistes et des chrétiens de gauche regroupant plus de 5 millions de membres. Voici quelques-unes de ces luttes de classe :
Manif contre « la casse » du Code du travail
La plus importante vague de grève a débuté le 23 mars par une puissante manifestation de 3 millions de syndiqués à l’appel de la seule CGIL, contre la réforme du Code du travail sur les licenciements et pour la défense des retraites. Devant la fermeté du Premier ministre Berlusconi à démolir les lois du travail, la CGIL a réussi à convaincre la Confédération italienne des syndicats libre (CISL, centrale catholique) et l’Union italienne du Travail (UIL, social-démocrate) à lancer un mot d’ordre de grève générale nationale de 24 heures.
La grève paralyse toute la péninsule Italienne
Le 16 avril, de 13 à 20 millions de grévistes ont suivi le mot d’ordre des centrales syndicales et paralysé toute activité économique dans le pays, particulièrement dans les services publics, les transports en commun, les gares, les aéroports, les ports, les quotidiens et agences de presse, ainsi que dans toutes les grandes industries du secteur privé (automobile, métallurgie, construction, etc.). Dans certains secteurs, le taux de participation au mouvement de grève atteignait les 100 %. C’est un record de mobilisation syndicale dans toute l’histoire du mouvement ouvrier italien.
Berlusconi divise pour mieux régner
Le 14 septembre, plus de 500 000 personnes ont manifesté à Rome, accusant le Premier ministre Berlusconi, accusé de corruption, de se servir du pouvoir politique afin de se soustraire à la justice. Entre temps, voulant toujours satisfaire les demandes patronales, Berlusconi a réussi à diviser le mouvement syndical de manière à isoler la CGIL des deux autres centrales, historiquement plus conciliantes avec le patronat et l’État.
Riposte de la CGIL : « ADESSO BASTA ! » (arrêtez maintenant !)
Près de six mois plus tard, la CGIL se retrouve seule à lancer un ordre de grève générale nationale de 24 heures. Le 21 octobre, toute l’Italie s’arrête, plus de 10 millions de grévistes répondent de nouveau à l’appel de la CGIL contre la politique anti-sociale du gouvernement Berlusconi et son projet de restriction budgétaire pour l’année 2003 (et la réforme du droit en matière de licenciement est encore dans le collimateur de Berlusconi). Dans les transports publics, 85 % des salariés ont suivi le mot d’ordre de grève, 40 % des trains n’ont pas roulé, 275 vols ont été annulés par Alitalia, bref la CGIL a fait perdre encore une fois des millions d’heures de travail et beaucoup de fric au patronat.
Pour la CISL et l’UIL c’est une grève politique
Alors que la CISL et l’UIL n’ont pas appelé à débrayer, les syndicalistes de la CGIL ont démontré que la majorité des travailleurs et travailleuses les soutiennent et ne se résignent pas à voir disparaître les lois de protection sociale. Les dirigeants de ces deux centrales réformistes se sont contentés de dénoncer l’intransigeance de la CGIL en qualifiant cette grève de politique.
FIAT veut licencier massivement
En toile de fond, le groupe de l’industrie automobile FIAT a annoncé la fermeture de certaines de ses usines et la mise à pied de 8 100 ouvriers. FIAT automobile est passée de 118 100 salariés en 1997 à 54 850 aujourd’hui. On comprend mieux pourquoi Berlusconi est pressé d’en finir avec la réforme du Code du travail, lorsque l’on sait que GENERAL MOTORS détient 20 % des actions et a le projet de prendre en main le contrôle de FIAT. Lors de la journée de grève du 21 octobre, plus de 200 000 grévistes se sont présentés aux portes du siège social de la FIAT à Turin, et 250 000 autres défilaient devant les usines du constructeur automobile à Milan dans un cortège qui s’étendait sur 5 km de long, drapeaux et bannières rouges déployés.
Grève contre la suppression d’emplois chez FIAT
Le 8 novembre, la CGIL a lancé un appel à la grève générale dans toutes les usines FIAT de l’Italie. Cet appel fut massivement suivi. Le 11 novembre, les ouvriers du constructeur automobile ont bloqué le port de Palerme et le 15 novembre, ils ont complètement paralysé le trafic du port de Messine. Ce fut suivi d’une semaine de grève générale dans toute la métallurgie italienne « par tour » (établissement par établissement). Le 26 novembre, 20 000 syndicalistes ont défilé dans Rome pour soutenir les ouvriers du groupe automobile FIAT. Les syndicats sont déterminés à maintenir la pression et les métallos de la CGIL exigent la nationalisation des entreprises FIAT.
Journée européenne d’action dans les usines FIAT
Le 16 décembre 2002, à la demande de la CGIL, CISL et UIL, la Fédération européenne de la Métallurgie, affiliée à la Confédération Européenne des Syndicats (FEM-CES), a appelé ses organisations affiliées en Belgique (FGTB), en France (CGT, CFDT, CGT-FO), en Allemagne (DGB), en Angleterre (TUC), en Espagne (CC.OO, UGT), au Portugal (CGTP-IN, UGT), en Autriche (OGB) et en Pologne (SOLIDARNOSC) a lancer une journée d’action européenne dans les usines FIAT et dans tous les autres secteurs de la société mère. Cette même journée, des dizaines de milliers d’ouvriers en Italie se sont « croisé les bras » dans les ateliers de la FIAT.
La CGIL refuse de signer tout accord avec Berlusconi
En attendant, avec la complicité des dirigeants de la CISL et de l’UIL, le « cavalieri » (surnom donné à Berlusconi par le patronat) a réussi son pari en tenant tête à la CGIL. Le patron des patrons a obtenu, pour le monde des affaires, un assouplissement du Code du travail. Dès maintenant, dans les petites et moyennes entreprises, les entrepreneurs peuvent licencier sans motif valable et sans obligations de réintégrer les salariés injustement congédiés. La CGIL a refusé de signer cet accord minoritaire. Pour les travailleurs et travailleuses, c’est le temps de la Résistance avec drapeaux rouges déployés, frappés de quatre lettres : CGIL. Pour eux, le combat continue !
Espagne : Grèves générales nationales de 24 heures et « euro-manifs »
En 2002, l’Union Européenne (UE) étant sous la présidence de l’Espagne, la péninsule Ibérique a connu une véritable escalade de manifestations de masse et d’actions syndicales contre l’UE. Toutes ces manifestations et cette contestation sociale ont été organisées par les deux plus importantes centrales syndicales de l’État espagnol :
Manifs en rafale pour une Europe plus sociale
Le 14 mars, à l’appel de la Confédération Européenne des Syndicats (CES), ainsi que de l’UGT et les CC.OO, plus de 100 000 syndicalistes européens ont manifesté dans les rues de Barcelone à la veille du Sommet européen pour les revendications suivantes : pour le plein emploi et les droits sociaux, pour la démocratie dans les entreprises, pour l’égalité entre les hommes et les femmes, pour une mondialisation au service de la justice sociale.
Des détachements de centrales syndicales nationales, membres de la CES étaient fortement représentés, tel que la CGIL de l’Italie, l’UGT-P et la CGTP-IN du Portugal, la FGTB et la CSC de Belgique, le TUC de Grande-Bretagne, le ZSS de Slovénie, la CGT, la CFDT et FO de France (la CGT, à elle seule, avait une délégation de 5 000 militants principalement venus du sud de la France, CFDT et FO ensemble, avaient 1 000 militants). Le 16 mars suivant, c’est 300 000 syndicalistes qui ont manifesté dans les rues de Barcelone contre le Sommet européen.
Les 12 et 13 avril, les CC.OO, l’UGT et les organisations anti-mondialisation ont appelé à manifester de nouveau pour une « Europe plus sociale » en marge de la réunion informelle à Oviedo (situé dans le nord du pays) des ministres de l’économie et des finances des 15 de l’UE. Des milliers de syndicalistes ont démontré leur opposition à la déréglementation des services publics, au « dynamitage » de la régulation du marché du travail et à l’intégration des marchés financiers, qui étaient au menu de cette réunion de gens « d’affaires ».
Application des directives de l’UE en Espagne
Le 9 juin, 250 000 syndicalistes ont défilé à Séville pour protester contre une série de mesures anti-sociales prises autoritairement par le gouvernement du Parti populaire (PP) de José-Maria Aznar. Les nouveaux amendements apportés au Code du travail, malgré un taux de chômage de 13 % (l’un des plus forts dans l’UE), prévoient des coupures dans les allocations de chômage, des facilités de licenciements et le développement du travail précaire. En fait, il s’agit avant tout pour le gouvernement espagnol d’appliquer les directives de l’UE (comme l’ont fait la France, l’Angleterre, l’Allemagne ou l’Italie), afin de permettre aux patrons de peser sur les salaires et les qualifications.
Un des plus grand mouvement depuis la chute de Franco
Le 20 juin, l’Espagne cesse le travail à l’appel des CC.OO et de l’UGT. De 2 à 4 millions de grévistes ont manifesté dans tout le pays. À Madrid, 500 000 syndicalistes ont défilé dans les rues, 500 000 à Barcelone, plus de 100 000 à Séville et des dizaines de milliers d’autres dans les villes de moindre importance. La grève générale a paralysé, pendant 24 heures, tous les services publics, les transports en commun, ferroviaire et aérien, ainsi que toute la grande industrie du secteur privé : automobile, métallurgie, bâtiment, journaux, etc. Au total, 84 % des salariés se sont croisé les bras dans toute l’Espagne. La grève a été dirigée contre la destruction des droits ouvriers, et contre l’attitude plus ou moins ouvertement raciste du gouvernement d’Aznar face à l’immigration (projet gouvernemental et européen de fermer les frontières espagnoles et européennes).
Services essentiels : NO PASSARAN !
Le gouvernement a exigé le maintien d’un service minimum dans le secteur public, représentant de 25 %, 30 % voir 40 % des effectifs selon les services. Les syndicats ont aussitôt introduit un recours en justice les estimant abusifs (signalons que le droit de grève en Espagne et dans tous les pays méditerranéens ou latins d’Europe est protégé et garanti par la Constitution). Le gouvernement a dû prendre son trou ; pas de trains, pas de transport aérien, pas de taxis, pas de journaux, les écoles et les banques fermées, en réponse au gouvernement : une forêt de drapeaux aux couleurs des syndicats espagnols, du ROUGE partout. Voilà la réponse des syndicats sur les « services essentiels ».
Le gouvernement fait marche arrière
Le 7 octobre suivant, plus de 300 000 syndicalistes défilent dans les rues de Madrid pour faire reculer l’offensive du gouvernement contre les chômeurs. En janvier 2003, le gouvernement de l’État espagnol a fait l’annonce qu’il faisait marche dans sa réforme du Code du travail sur, entre autre, les prestations de chômage. Les syndicats et le patronat ont décidé de renouveler les accords collectifs négociés en 2002. La lutte de centaines de milliers de travailleurs et travailleuses a été très payante.
Portugal : grèves générales nationales de 24 heures à répétition
Le 10 décembre 2002, confrontée à la plus vaste et la plus violente offensive patronale contre les droits des travailleurs et travailleuses que le pays ait connu ces dernières années, la Confédération générale du travail du Portugal - Intersyndicale Nationale (CGTP-IN), centrale syndicale de 1 500 000 membres proche du Parti communiste portugais (PCP), des socialistes et des chrétiens de gauche, a lancé un mot d’ordre de grève générale nationale de 24 heures.
Une grève largement suivie
Plus de 1 million de syndiqués brandissant des drapeaux rouges frappés du marteau et de la faucille, ou des lettres CGTP-IN ont manifesté dans tout le pays. Tout le secteur des services publics et municipaux, les transports en commun, les aéroports, le trafic ferroviaire, les grandes entreprises du secteur privé, ont été paralysés à 90 % par l’arrêt de travail.
Se mettre à l’heure de l’UE
Le gouvernement nouvellement élu du PSD (social-démocrate, en place depuis le 6 avril 2002), à l’écoute des grands patrons, veut augmenter les prix à la consommation et diminuer le pouvoir d’achat de la classe ouvrière, mettre la hache dans les différentes lois du travail, détruire le système de sécurité sociale publique et universelle, affaiblir les réseaux de la santé et de l’enseignement, afin, selon le patronat, d’accroître la compétitivité des entreprises sur le marché européen.
Imposer des conventions collectives de longues durée
Le projet de réforme du Code du travail prévoit, notamment : de prolonger la durée maximum des conventions collectives de 3 à 6 ans ; de diminuer le nombre d’heures payées au tarif de nuit ; d’assouplir les dispositions législatives sur les licenciements ; de remettre en cause de certains congés, afin, selon le patronat, de lutter contre l’absentéisme. Les syndicalistes communistes considèrent que le projet du gouvernement remet en question les conquêtes fondamentales obtenues depuis la « Révolution des ?illets » de 1974, qui avait mis fin à près de 50 ans de régime fasciste du dictateur Salazar.
Les sociaux-démocrates de l’UGT-P restent silencieux
Dans cette lutte contre l’austérité et la réforme du marché du travail, l’Union générale du Travail du Portugal (UGT-P), centrale syndicale de 1 million de membres proche du Parti socialiste portugais (PSP), a décidé de ne pas s’associer à l’appel de la CGTP-IN. Les syndicalistes socialistes préfèrent prendre la voie du dialogue social plutôt que celle de la confrontation.
Un automne chaud et unitaire
Par contre, le 14 novembre, l’UGT-P s’est associée à la CGTP-IN dans un appel à une grève générale nationale de 24 heures dans le secteur public où 700 000 fonctionnaires se sont croisé les bras. Rappelons que la lutte a débuté le 16 octobre par une grève générale nationale de 24 heures, à l’appel de la seule CGTP-IN dans le secteur public, qui a mobilisé 710 000 salariés de l’État. Le 30 octobre, une nouvelle journée d’agitation sociale a été lancée par la CGTP-IN dans le secteur public et les industries clefs, accompagnée de manifestations ouvrières dans une vingtaine de villes, dont Lisbonne (signalons que la fonction publique portugaise représente 14 % de la population active regroupée dans trois fédérations syndicales affiliées à la CGTP-IN et à l’UGT-P).
Grèce : Grèves générales nationales de 24 heures dans les services publics
Le 3 avril 2002, à l’appel de la Fédération des fonctionnaires (ADEDY, syndicat indépendant), plus de 10 000 salariés du secteur public sont descendus dans les rues d’Athènes pour manifester leur désaccord contre le projet du gouvernement du PASOK (socialiste) de réduire les retraites. Au même moment, les collecteurs et ingénieurs de la marine ont déclenché une grève générale nationale pour augmenter les salaires et améliorer le régime des retraites, paralysant ainsi le service des traversiers. Aussi, tous les salariés municipaux ont embarqué dans une grève générale de 48 heures pour de meilleurs salaires et des emplois permanents pour leurs camarades en contrats précaires.
Les salariés de l’État sont le fer de lance du mouvement
Le 11 avril 2002, organisé par la Fédération des fonctionnaires (ADEDY) et la Confédération Générale du Travail de Grèce (GSEE), les services publics ont été complètement paralysés par une grève générale nationale de 24 heures contre le projet du gouvernement d’affaiblir le régime public de retraite. Les syndicalistes grecs refusent toute remise en question des droits des retraités par l’UE.
Les syndicats du taxi entrent dans le mouvement
Le 17 avril 2002, à l’appel de la Fédération panhellénique des taxis (POEIATA-GSEE), 37 000 chauffeurs de taxis sont tombés en grève générale nationale de 24 heures et les 15 000 chauffeurs de taxis de la ville d’Athènes ont poursuivi le mouvement jusqu’au lendemain. Le syndicat du taxi revendique, entre autre : une augmentation de la prise en charge de 15 % au départ ou à destination de l’aéroport international de Spata (situé à 25 km de la capitale) ; la limitation du nombre de licences de taxi ; la fin des contrôles policiers et des poursuites judiciaires lorsque les chauffeurs de taxis transportent des immigrants clandestins.
Les syndicats des transports publics et des banques s’en mêlent
Le 18 avril 2002, les transports publics ont été fortement perturbés par une grève de 24 heures des opérateurs de tramways et par une grève de 4 heures des salariés du métro. Le 19 avril suivant, la Fédération des employés des banques a lancé, elle aussi, une grève générale de 24 heures. Ce mouvement de protestation contre la réduction des retraites a été organisé par la GSEE et une quarantaine de ses fédérations et conseils syndicaux proche du Parti communiste grec (KKE) et de d’autres tendances d’oppositions syndicales au sein de la GSEE.
Un syndicalisme pluraliste et influent
Signalons qu’en Grèce, il existe deux grandes centrales syndicales : l’ADEDY (290 000 membres), qui regroupe exclusivement les salariés de l’État, et la GSEE (850 000 membres), qui regroupe les travailleurs et travailleuses des secteurs privé et public. La GSEE est traversée par différentscourants de pensée. Les deux plus importants courants sont le PASKE (47,7 % des voix) ? de tendance social-démocrate et proche du PASOK (Parti socialiste), et le PAME (22,47 % des voix) ? de tendance marxiste proche du KKE (Parti communiste).
Grande-Bretagne : Grèves générales et cassure avec le « blairisme »
En Grande-Bretagne, les directions nationales sont réputées pour leur conservatisme, mais les choses commencent à changer radicalement. Certaines organisations syndicales du TRADE-UNION CONGRESS (TUC), déçues du virage à droite du LABOR PARTY (Parti travailliste) amorcé par Tony Blair, sont de plus en plus tentées de reprendre leur autonomie. Le LABOR, créé par les syndicatsily a un siècle pour défendre le monde ouvrier a perdu plus de 100 000 membres depuis 1997, un sérieux avertissement pour le gouvernement Blair.
Il est temps d’enterrer le NEW LABOR de Tony Blair
Les 16 et 17 mars 2002, environ 1 000 délégués d’ateliers de plusieurs sections syndicales du TUC étaient présents à une conférence de l’Alliance socialiste (aile gauche du mouvement ouvrier britannique, regroupant les tendances communistes et extrême gauchistes). Le point central à l’ordre du jour : débattre de la possibilité pour les syndicats du TUC de rompre toute affiliation organique avec le Parti travailliste de Tony Blair. Très décentralisée et sur une base volontaire, la centrale britannique a toujours permis et même encouragé ses syndicats nationaux à soutenir financièrement et politiquement le Parti travailliste.
Plusieurs syndicats réduisent ou annulent leurs cotisations au LABOR
Le GMB (1,3 millions de membres), regroupant les ouvriers non-qualifiés du secteur public, conteste les thèses « blairistes », selon lesquelles les travailleurs et travailleuses doivent être plus modestes dans leurs revendications syndicales. Deuxième force syndicale du pays, l’AMICUS (1,1 millions de membres), regroupant les ouvriers métallurgistes, les électriciens et les techniciens, refuse d’accepter plus longtemps la camisole de force imposée aux syndicats depuis l’époque de la « Dame de fer ». Devant la menace de privatiser La Poste et de supprimer directement 11 000 emplois, la direction syndicale du COMMUNICATION WORKERS UNION (CWU, syndicat des communications), a sévèrement prévenu le Parti travailliste qu’il ne lui verserait pas sa cotisation de 1 million de livres sterling. Le NEW LABOR de Tony Blair, à l’écoute du patronat, refuse toujours de lever les restrictions aux les libertés syndicales imposées par la « Dame de fer », et à freiner, à tout le moins, la privatisation des entreprises publiques.
Grève générale nationale de 24 heures des fonctionnaires
Le 17 juillet 2002, après des décennies de coupures de toutes sortes dans les services publics, 750 000 syndiqués ont suivi le mot d’ordre des quatre principaux syndicats nationaux de la fonction publique : UNISON, TGWU, GMB et RMT (transport public). Les syndicats exigent du gouvernement Blair une augmentation de salaire de 6 % pour tous leurs membres et un réinvestissement massif dans la fonction publique. L’arrêt de travail a complètement paralysé tout le secteur public national et municipal, des écoles à la collecte des ordures, en passant par les transports en commun, les musés ou les services sociaux. Ce mouvement de grève a touché l’Angleterre, le pays de Galles et l’Irlande du Nord, mais pas l’Écosse, gérée par un régime public distinct. Cela ne s’était pas vu en Grande-Bretagne depuis une vingtaine d’année.
Grèves générales nationales des pompiers
Au cours des mois de juin, septembre, novembre et décembre, des dizaines de milliers de pompiers ont manifesté et déclenché des grèves générales (une(1) de 48 heures et une de 8 jours consécutifs durant le mois de novembre) dans toute l’Angleterre. Du jamais vu en 25 ans. Le FIRE BRIGADES UNION (FBU, principal syndicat des pompiers), exige un rattrapage salarial de 40 %. Le gouvernement travailliste a préféré revenir sur plusieurs promesses accordées aux pompiers et affronter leur syndicat de plein fouet. Il n’y a pas à dire, le patronat britannique s’est donné un farouche défenseur de ses intérêts de classe en la personne de Tony Blair.
Allemagne : Les syndicats lancent des vagues de grèves « dures »
Les affiliées de la Confédération des syndicats Allemands (DGB, plus de 9 millions de membres), ont surpris l’Europe entière dans l’année 2002, en lançant des grèves « dures » notamment dans la métallurgie, le bâtiment, les finances et la fonction publique. Précisons que pour déclencher un arrêt de travail en Allemagne, les lois du travail obligent les syndicats à obtenir un mandat de grève de 75 % des syndiqués, mandat facilement obtenu par les directions syndicales, tant le mécontentement de la base était fort. Traditionnellement dominés depuis la fin de la Seconde guerre mondiale par le Parti social-démocrate (SPD), les syndicats ont décidé de rompre avec la politique dite « de modération salariale » du gouvernement SPD-VERT de Gerhard Schröder.
Les métallos déclenchent des grèves tournantes région par région
Le puissant syndicat IG-METALL (2,8 millions de membres), a commencé par cibler les usines automobiles DaimlerChrysler, Porshe et Audi pour imposer ses revendications salariales au patronat de la métallurgie. À la table de négociation, le patronat n’offrait que 3,3 % d’augmentation de salaire, alors que les métallos exigeaient un rattrapage de 6,5 %.Le 25 mars, des grèves d’avertissement ont été lancées dans toute l’industrie métallurgique de certaines régions de l’ex-RDA. Le 4 avril, plus de 30 000 métallos déclenchèrent une vague de débrayages en Bavière et en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, rejoints le 9 avril par 89 000 syndiqués des métaux dans tout le pays. Le 6 mai, c’était le tour de plus de 50 000 ouvriers métallurgistes de la région du Bade-Würtemberg à se joindre le mouvement de grèves « dures », qui déboucha finalement sur des augmentations de 4 % pour l’ensemble des 3,6 millions d’ouvriers du secteur de la métallurgie et de la construction mécanique.
Premier conflit d’après-guerre dans le bâtiment
Du 17 au 25 juin, le syndicat du bâtiment IG-BAU (950 000 membres), a déclenché sa première grève nationale « dure » depuis 50 ans. Des dizaines de milliers d’ouvriers de la construction ont déserté quelque 1 200 chantiers répartis sur l’ensemble du territoire allemand. Le syndicat revendiquait des hausses de salaires de 4,5 % tandis que le patronat tenait ses positions, en indiquant qu’il n’était pas prêt à concéder plus de 3 % d’augmentation (1,75 % en termes réels). Les syndiqués du bâtiment ont finalement repris le travail avec 3,2 % d’augmentation et les salaires seront haussés de 2,4 % en avril 2003.
Grève dans les banques et les télécommunications
Le 13 juin, le syndicat des services VER-DI, (premier syndicat du DGB avec 3 millions de membres), a lancé un mot d’ordre de grève à ses 470 000 membres du secteur des banques. Toujours dans la stratégie de déclenchement de débrayages région par région, des arrêts de travail ont paralysé toute activité bancaire dans la seule Rhénanie du Nord-Westphalie. Les syndiqués réclamaient 6,5 % de hausse des salaires et le patronat proposait 3,1 %. Le 27 juin, les grèves se sont élargies au secteur des télécommunications. À l’appel du syndicat VER-DI, plus de 10 000 salariés de DEUTSCHE TELEKOM ont cessé le travail dans toute l’Allemagne, exigeant 6,5% d’augmentation pour les 124 000 employés de la boîte de télécommunication.
Grève dans le secteur public
Le 3 décembre, encore une fois à l’appel du puissant syndicat VER-DI, des milliers de salariés des services publics ont temporairement quitté leur travail. Les syndiqués ont manifesté dans les rues leur intention d’augmenter les moyens de pression et de revendiquer une augmentation des salaires d’au moins 3 %. Le 17 décembre, 110 000 salariés de la fonction publique ont déclenché une grève d’avertissement. L’aéroport de Francfort a dû annuler 160 vols en raison de l’arrêt de travail. Des grèves se poursuivront jusqu’à la fin janvier 2003. Le gouvernement Schröder ne sera vraiment pas au bout de ses peines dans sa politique d’austérité salariale.
Irlande du Sud : Action de grève nationale d’une demi-journée
Le 4 octobre 2002, plus de 250 000 syndiqués ont observé une demi-journée de grève générale nationale. Le plus grand syndicat de la République d’Irlande, le SIPTU-ICTUC, a exigé le paiement des primes de licenciement recommandées par le tribunal du travail pour les ouvriers du verre de l’IRISH GLASS BOTTLE COMPANY à Dublin et les salariés du textile de PEERLESS RUGS situé à Athy, qui ont tous perdu leur emploi (plusieurs centaines de travailleurs et travailleuses). Suite à la fermeture de ces entreprises, les patrons n’ont pas respecté les accords négociés sur les primes de départ et le syndicat a demandé l’intervention du gouvernement. Pour faire bouger les choses plus rapidement, les syndicalistes irlandais ont appelé leurs frères et s ?urs de classe à une grève de solidarité.
Suisse : Grève générale nationale de 24 heures dans la construction
Le 4 novembre 2002, le patronat européen se croyant à l’abri du syndicalisme militant derrière les Alpes Suisses, a été « surpris » par une avalanche : plus de 10 000 membres des syndicats du bâtiment GBI et SYNA de l’Union syndicale Suisse (USS, 380 000 membres) ont paralysé tous les chantiers de construction du pays. C’est la plus grande grève survenue en Suisse depuis 50 ans. Les ouvriers exigent l’abaissement de l’âge de la retraite à 60 ans. Les temps sont devenus plus durs pour les salariés de la confédération helvétique et bientôt, on ne pourra plus parler du « cas spécial d’harmonie sociale en Suisse », prévient le syndicat GBI. En effet, les arrêts de travail sont très rares dans ce paradis fiscal. La dernière grève générale, suivie par 400 000 ouvriers et employés remonte à 1918. Dès maintenant, il semblerait que les milliardaires de Zurich devront mettre leurs horloges suisses à l’heure du syndicalisme de combat.
Belgique : Manifestation des militaires et grève dans les transports en commun
Le 6 juin 2002, plus de 6 000 soldats belges ont défilé dans les rues de Bruxelles pour exiger une augmentation de leur solde. Ils marchaient « au pas », munis de leurs gamelles réglementaires qu’ils frappaient les unes contre les autres, et ont provoqué de sérieux embouteillages dans les rues de la capitale. La police a contre-attaqué à coup de canon à eau pour disperser les manifestants. En Belgique, les militaires sont maintenant considérés comme des salariés et ils ont le droit de se syndiquer. Ils ont choisi de manifester le 6 juin, date anniversaire du roi Albert II de Belgique qui est aussi chef de l’armée belge. Le gouvernement a promis de revoir à la hausse les salaires versés aux soldats.
Grève générale de 24 heures dans les transports en commun
Le 6 novembre 2002, pour la première fois 15 ans, l’ensemble du réseau des transports en commun bruxellois (métro, tramway, bus) a été paralysé par une grève générale de 24 heures, lancée par les syndicats qui dénoncent les conséquences d’un plan de privatisation « en douce » que veut mettre en place le patronat. En Belgique, les luttes syndicales sont surtout menées par la Fédération Générale du Travail de Belgique (FGTB), regroupant plus d’un million de membres. La direction nationale est proche du Parti socialiste belge (PSB), mais certaines directions régionales et locales sont proche des communistes (minoritaires en Belgique). Il existe une autre centrale très importante, mais moins combative, la Confédération des syndicats Chrétiens (CSC), avec aussi plus d’un million de membres, proche du Parti social-chrétien.